vendredi , 25 septembre 2020

Ras El Ain: Un douar au cœur de la ville…

Evoquant l’état des lieux désastreux du cadre urbain le long de la route de Ras El-Aïn, un confrère de la presse oranaise a judicieusement pointé du doigt les causes et les raisons du délabrement avancé de cette zone urbaine de plus en plus clochardisée. Tous ceux qui empruntent cet axe routier reliant l’entrée est de la ville au port d’Oran, notamment entre Sidi El Houari et Cité petit, sont à chaque fois consternés par le décor écœurant des égouts qui débordent, des amas de détritus et de déblais abandonnés, des chèvres qui traversent la route, des fuites du réseau AEP inondant une partie de la chaussée et de l’ambiance globale de «ruralisation» avancée indigne du statut de la capitale oranaise. Ici, bien plus qu’ailleurs, les bidonvilles environnants, la dégradation de la voirie et le terrible déficit d’entretien et de maintenance aggravent chaque jour d’avantage la déstructuration de cet espace urbain livré à tous les maux et tous les déplaisirs. Comment expliquer, par exemple, qu’aucune action n’a été engagée pour nettoyer, désherber, planter et aménager les talus surplombant la route ou même construire un muret longeant la voie, ne serait-ce que pour servir de cache-misère à la laideur étalée. Il semble, nous dit-on, que dans tout ce périmètre urbain de Sidi El Houari, le statut de «patrimoine à sauvegarder», décidé par un décret, empêcherait toute intervention ou initiative municipale sans l’accord de certaines institutions et organes soit disant concernés dont la Direction locale de la Culture. Au final, souligne à juste titre notre confrère, ce plan de sauvegarde de Sidi El Houari et des espaces mitoyens dont l’ancien ravin de Ras El-Aïn, n’a permis ni de sauvegarder et mettre en valeur le cadre et le patrimoine urbain, ni de procéder à des opérations urgentes de maintenance et d’embellissement. De leur côté, les gestionnaires et élus communaux concernés ne cessent de dénoncer la détérioration de la voirie, abandonnée par l’entreprise chargée du projet d’assainissement censée remettre les lieux en l’état après les travaux. Et conformément à la théorie des sciences sociales dite de «la vitre brisée», à la route dégradée et défoncée par le ruissellement des eaux, allaient peu à peu s’ajouter les dépotoirs d’ordures, les égouts à ciel ouvert, les charrettes traînées par les ânes stationnées le long de la route et les vendeurs de figues de barbarie ou de lait de vache. A croire que l’on est dans un douar périphérique bien éloigné de la cité. Mais c’est bel et bien là, à Sidi El Houari et aux Planteurs, le centre urbain historique d’Oran, la métropole présumée.
Par S.Benali