mardi , 14 juillet 2020

Réhabilitation de Sidi El Houari… Échec et culte des illusions

Le vieux quartier de Sidi El Houari, déclaré secteur suave gardé par un décret datant de 2015, est encore loin, très loin de retrouver son cachet urbain historique reflétant les pages de son riche et prestigieux passé. Livré depuis l’indépendance à une douloureuse marginalisation, cet ancien quartier, berceau de la ville d’Oran, fondé il y a 11 siècles par des marins omeyyades venus de l’Andalousie, n’a jamais connu une sérieuse prise en charge urbaine permettant de préserver son patrimoine architectural et de l’installer en site touristique de référence devant protéger et valoriser. Malgré les efforts et les initiatives de quelques sphères associatives qui activent sur ce créneau, rien encore n’indique que Sidi El Houari sera un jour restauré et réhabilité. Tant il est vrai que trop de facteurs exogènes pèsent aujourd’hui négativement sur toutes les démarches engagées au nom de la préservation du patrimoine et des monuments historiques. Il suffit de constater que des sites, parmi les plus célèbres, tels la Mosquée du Pacha ou le Palais du Bey, demeurent à ce jour fermés, en attente de travaux d’aménagement et de restauration dignes de leur statut. Il suffit de contempler cette ancienne carcasse de béton de l’ex-Hôtel Château-Neuf implanté sur le terrain même d’un site historique pour comprendre à quel point ce dossier a été délaissé, ignoré, voire méprisé. Bon nombre d’Oranais s’interrogent aujourd’hui, à tort ou à raison, sur les véritables raisons de cette marginalisation hallucinante de la plupart des sites arabo-andalous, tandis que d’anciens forts de la période espagnole et une église de la période coloniale, ont fait l’objet de bien meilleures attentions. Certes, le Fort et la Chapelle de Santa-Cruz méritent bien évidemment d’être traités et restaurés tant ils font indéniablement partie des images symboles de la ville d’Oran. Tous les sites touristiques et de promenades urbaines, de la place d’Armes, avec le bel édifice de la Mairie et du Théâtre, en passant par le Front de Mer, les arènes d’Eckmühl ou Mdina Jdida, sont souvent l’objet d’une opération d’aménagement et de maintenance programmées par les pouvoirs publics. Mais au final, on constate toujours un déficit dans la finition et les conditions de réalisation de l’action engagée. A l’image du siège de l’Hôtel de Ville, fermé depuis plus de cinq ans, et où les travaux de restauration de l’intérieur sont à l’arrêt. Le quartier de Sidi El Houari, gangrené par les immeubles menaçant ruine et l’occupation récurrente des bâtisses évacuées par de nouveaux squatteurs en quête de logement neuf, ne saurait être «restauré et réhabilité» sans une sérieuse clarification des missions, des attributions et des responsabilités de chaque institution concernée par ce dossier. La Wilaya et les services des Domaines, la Direction de la Culture, et l’A.P.C semblent à ce jours désarmés face à la «complexité» de l’équation: Comment réhabilité et restructurer un site urbain qui tombe en ruine et qui reste toujours occupé par des citoyens demandant un logement…? En réalité, expliquent les «mauvaises langues», c’est toujours le laxisme et l’incompétence qui forgent les échecs et le culte des illusions.
Par S.Benali