mardi , 19 octobre 2021

Réhabilitation des jardins et des monuments: Un vieux discours

En juillet 2016, la commune d’Oran avait élaboré une fiche technique descriptive d’un projet de réhabilitation de la promenade Ibn Badis, ex-Létang. Une opération qui devait en principe être lancée le mois de septembre de la même année 2016, il y a déjà six ans. Ces aménagements concernaient la réhabilitation des allées, des carrés et espaces plantés, la réfection des clôtures, l’installation de bancs, le gardiennage, et autres actions de restauration et d’embellissement du site. On se souvient que le P/APC d’Oran insistait beaucoup pour que cet espace retrouve son statut et son aura d’antan. Il faut rappeler que ce jardin Ibn Badis, avait déjà fait l’objet il y a près de quinze ans d’une opération de réhabilitation. Des travaux d’aménagement avaient été réalisés et même deux postes de police avaient été installés pour redonner confiance aux familles oranaises qui commençaient timidement à fréquenter de nouveau ce lieu de promenade célèbre au centre de la ville d’Oran. Car à partir de la promenade Ibn Badis, le promeneur peut admirer des monuments historiques comme la porte du Caravansérail ou le Fort espagnol. Et non loin du célèbre jardin, se trouvent le palais du Bey, l’église Saint Louis, l’ancien hôpital Baudens, la Posada et autres sites inscrits au patrimoine de la Cité. Malheureusement, quelques mois plus tard, le jardin Ibn Badis abandonné, livré à lui-même s’est transformé en lieu de rencontre et de beuverie pour des marginaux et des énergumènes au profil peu recommandable. Malgré quelques tentatives de réappropriation des lieux par une association locale de préservation du patrimoine, presque plus personne ne s’aventure à l’intérieur du jardin qui a fini par acquérir une triste et douloureuse réputation de lieu à haut risque d’agressions. Seule l’esplanade aménagée à quelques mètres de l’entrée, reste quelque peu fréquentée par des visiteurs de passage à Oran. Et voila que depuis quelques jours on nous annonce la reprise d’un projet de réhabilitation de l’ex-Promenade de Létang, sur ordre et instructions du wali d’Oran qui venait de visiter l’endroit au détour d’une randonnée à pied au centre ville. Selon un confrère présent ce jour là, le wali aurait également instruit les gestionnaires locaux sur la nécessité de réhabiliter non seulement les jardins de la ville, mais aussi les sites historiques, tels que le Palais du Bey, et les infrastructures culturelles. Un discours officiel, à chaque fois motivé par la prochaine organisation des Jeux méditerranéens de 2022, un événement qui ne va durer qu’un mois et sera vite oublié par l’opinion locale. Faut-il croire, comme le clament des mauvaises locales, que «si les J.M n’étaient pas programmés à Oran, aucune de ces grandes opérations de restauration, de réhabilitation de sites historiques, ou d’embellissement de façades urbaines n’auraient été lancées ou initiées avec insistance par les pouvoirs publics? ». A neuf mois à peine du grand rendez-vous sportif, il aura fallu que le wali visite lui-même certains endroits pour engager des mesures d’assainissement et de restauration du décor. Mais mieux vaut tard que jamais.
Par S.Benali