lundi , 12 avril 2021

Relogement : Une équation truffée de paramètres non maîtrisés

Les mouvements de protestation des mal-logés, notamment des occupants de bidonvilles, sont de plus en plus fréquents à travers les communes de la wilaya d’Oran. Les retards enregistrés dans la distribution des programmes de logements sociaux, achevés parfois depuis six ou sept ans, sont le plus souvent à l’origine de la colère et de la contestation. Ce qui a conduit les autorités locales à exiger des APC dont les programmes de logement ont été achevés, de procéder à l’affichage des listes de bénéficiaires avant la fin du mois d’avril en cours. On se souvient que le wali d’Oran avait lui-même annoncé l’an dernier la distribution d’importants quotas de logements durant le premier trimestre de l’année 2021. Un premier trimestre qui vient de s’achever sans pour autant connaitre la moindre opération de distribution de logements. Selon le site officiel de la wilaya d’Oran, d’intenses préparatifs sont en cours pour assurer dans les meilleures conditions les prochaines distributions de plus de 2.000 logements au profit des habitants des bidonvilles de Sidi Chahmi, la «CUMO» et Ras El Aïn. Par ailleurs, les services de la wilaya avaient indiqué récemment que les travaux de réalisation de 3.000 logements à Béthioua, Oued Tlélat et Benfréha ont été achevés mais que leur distribution a été retardée en raison du non affichage des listes des bénéficiaires par les communes concernées. Un affichage qui constitue il est vrai un véritable casse-tête pour les gestionnaires de la commune coincés par le très grand déficit en logements disponibles par rapport au nombre de demandeurs se trouvant souvent dans la même situation sociale et familiale motivant l’accès au logement. Ainsi, pas moins de 3.000 logements achevés répartis entre six communes n’ont toujours pas été distribués. Selon les services de la wilaya, l’affichage des listes des bénéficiaires des logements sociaux, dans une dizaine communes de la wilaya, est programmé tout au long de ce 2éme trimestre. Il est vrai que des retards ont été enregistrés car l’étude des dossiers et les enquêtes de ménages étaient à l’arrêt à cause de la pandémie du coronavirus. Comment le maire d’une petite commune peut afficher une liste d’une centaine de bénéficiaires d’à peine 100 logements disponibles sans soulever la colère et la contestation de milliers de demandeurs de logements en attente parmi sa population? Comment croire que les nouvelles échéances seront respectées quand on connaît la complexité de cette équation du relogement truffée de variables et de paramètres non maîtrisés.
Par S.Benali