lundi , 28 septembre 2020

Reprise à la hausse des traversées clandestines

La pandémie de coronavirus, avec tous les risques de dangereuse contamination, n’a pas pour autant dissuadé les candidats à l’émigration clandestine. Selon plusieurs témoignages sur les réseaux sociaux, plus de 500 harragas auraient débarqué ces derniers jours sur les côtes ibériques. Des chiffres hallucinants ont même été avancés par des médias espagnols. Près d’une cinquantaine d’embarcations auraient pris le départ pour le rivage espagnol dans la seule nuit du vendredi au samedi 25 juillet. Un bien triste et alarmant record qui indique bien, s’il le fallait, que le phénomène de la Harga est encore loin de s’essouffler malgré toutes les mesures et initiatives lancées ou annoncées au détour de quelques réunions d’experts et de responsables organisées à son chevet. Selon des observateurs avertis, cette flambée des traversées clandestines n’a rien de surprenant. Paradoxalement, la situation économique et le pouvoir d’achat en berne de bon nombre de familles expliquent en grande partie le désarroi de beaucoup de jeunes qui se rabattent sur le créneau de la Harga pour trouver, espèrent-ils, un meilleur horizon de l’autre côté de la mer. Malgré les sanctions prévues par la Loi pour prévenir le délit de «tentatives d’émigration clandestine», les candidats à la harga, souvent risquée et meurtrière, sont de plus en plus nombreux à vouloir défier la mer et mettre leur vie en péril, pour gagner un «eldorado» tout relatif et bien contestable. Entre ceux qui tentent l’exil pour rejoindre un proche déjà installé à l’étranger, ceux qui disent vouloir fuir leur conditions d’exclus, de marginalisés et sans emplois, ou ceux qui succombent à la tentation «d’une aventure» pouvant provoquer le destin, les motivations sont diverses, alimentant d’ailleurs des flots de théories de littérature. Au delà de l’amère réalité du terrain social pouvant inciter des jeunes à vouloir rejoindre des parents ou des proches installés sur l’autre rive de la méditerranée, le culte de «l’Eldorado européen» forgé par des raccourcis trompeurs, ne cesse d’entretenir des complexes, d’attiser des convoitises et de nourrir en arrière plan des haines confuses envers des gouvernants tenus pour seuls responsables des maux et des misères collectives et individuelles…
Par S.Benali