samedi , 17 avril 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Après 13 jours de protestation au complexe d’El Hadjar </span>:<br><span style='color:red;'>Reprise des activités de production</span>
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Après 13 jours de protestation au complexe d’El Hadjar :
Reprise des activités de production

Le comité de concertation composé de représentants des travailleurs protestataires, des syndicalistes et responsables du complexe Sider El Hadjar qui avait été installé pour tenter d’approfondir le dialogue, a mis plusieurs jours avant d’arriver à la conclusion que les protestataires étaient déterminés et que seul un recrutement en bonne et due forme, était susceptible d’apaiser le climat social qui se tendait, d’ailleurs, à vue d’œil.

Le mouvement de grève qui a paralysé le complexe sidérurgique d’El hadjar a pris fin, hier. Le débrayage qui n’a pas concerné, faut-il le rappeler, tout le personnel, mais seulement les 492 travailleurs recrutés dans le cadre du Contrat de travail aidé (CTA) a duré 13 longs jours et a fini par mettre à genou l’un des fleurons de la sidérurgie nationale. Pour cause, le haut fourneau a du être arrêté et l’on espère un retour à la normale dans pas moins de deux mois, avec à la clé, un manque à gagner quotidien de l’ordre de 180 millions de dinars. La facture du mouvement de colère des contractuels est donc véritablement salée pour un complexe qui commençait à peine à sortir la tête de l’eau.
Notons que l’annonce de la fin de la grève a été faite par le Secrétaire général du Conseil syndical de ce complexe, affilié à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Riadh Djemaî. Ce dénouement, pas très heureux, au regard des lourdes conséquences financières, a été acté par le Président Directeur Général (PDG) du groupe public algérien Imetal de production sidérurgique et de sa transformation, Tarek Boussalama, le PDG du complexe Sider El Hadjar, Chemseddine Matallah, le PDG du Groupe Sider, Lakhdar Ouchiche, et le Secrétaire général du syndicat des travailleurs d’El Hadjar. Les deux parties sont parvenues à un accord, signant la reprise des activités de production. «Une réunion de dialogue et de concertation concernant les revendications exprimées par les travailleurs grévistes s’est tenue vendredi. Elle a donné lieu à l’adoption d’un accord satisfaisant toutes les parties», a indiqué le responsable syndical, lequel a confirmé la victoire quasi totale des grévistes qui se verront «accorder (…) des contrats de travail déterminés (CDD) d’une année avec la possibilité de les intégrer progressivement dans des postes de travail permanents, et l’annulation des poursuites judiciaires à l’encontre de certains travailleurs grévistes». Cela revient à dire que les travailleurs qui quittent de fait leur statut de CTA, bénéficieront de tous les avantages auxquels ils n’avaient pas droit, avant leur recrutement effectif, à l’issue de leur débrayage. A l’origine du succès de leur mouvement, il y a bien entendu le blocage pur et simple de l’activité de la production du haut fourneau n 02 et les aciéries. Ils ont pris le complexe «à la gorge» et provoqué une paralysie totale de ses activités.
Le comité de concertation composé de représentants des travailleurs protestataires, des syndicalistes et responsables du complexe Sider El Hadjar qui avait été installé pour tenter d’approfondir le dialogue, a mis plusieurs jours avant d’arriver à la conclusion que les protestataires étaient déterminés et que seul un recrutement en bonne et due forme, était susceptible d’apaiser le climat social qui se tendait, d’ailleurs, à vue d’œil. Les centaines de millions de Dinars perdues ont contribué certainement à faire dire à la direction du complexe que la situation de blocage ne pouvait perdurer, au risque de provoquer l’effondrement de tout le complexe. La solution, visiblement satisfaisante, pour les grévistes a donc été trouvée et le complexe Sider El Hadjar qui emploie environ 4.500 travailleurs peut reprendre ses activités, mais cela n’interviendra effectivement que dans deux mois. En attendant, El Hadjar continuera à perdre de l’argent.
Alger: Smaïl Daoudi