mardi , 7 juillet 2020

2020, un nouveau président, un nouveau chef de gouvernement :
Retrouver l’enthousiasme !

Chaque jour est unique, chaque nouvelle année suscite en chacun de nous une promesse de joies et de vie meilleure. Celle qui, depuis hier, nous tend la perche vers la prospérité, l’amitié, l’unité et l’amour s’invite chez nous, dans tous les tréfonds de l’Algérie. Faut-il encore une fois rater le rendez-vous de la stabilité politique définitive et de la mobilisation générale autour de la situation économique en pleine déliquescence ?
Ce rappel d’abord : dès l’avènement de sa trajectoire vers le palais d’El Mouradia, le président Abdelmadjid Tebboune s’est appuyé sur l’historique et magistral mouvement du Hirak pour réhabiliter la confiance ente gouvernants et administrés, afin d’œuvrer mano-mano à la refondation totale du pays. Naturellement, dans le sens des revendications objectives de la société dans toutes ses sinuosités. Le nouveau chef de l’Etat a soutenu sa démarche lors de son investiture, relayé par le premier ministre qui, aussitôt installé, plantait les décors avec deux priorités inaliénables, le retour à la confiance et la réhabilitation de l’économie nationale. Une entame logique pour commencer à atténuer les séquelles dramatiques de ce secteur stratégique, que le monde entier connait et scrute méticuleusement au quotidien, sauf la rue. Le Hirak est certainement conscient des dangers que nous encourons, mais apparemment pas suffisamment pour s’interroger sur la conduite à tenir.
Que l’on accepte ou non que les difficultés économiques supplantent la politique, le bon sens requiert d’arrêter d’abord les hémorragies qui menacent le pays soient jugulées. La grande force et l’enseigne mondiale du Hirak est de sauver l’Algérie, mais non de céder à la facilité de l’irrésistible choix de tout refuser. Surtout que le mouvement, toujours pas structuré, ni foncièrement encadré est convaincu que la Nation se prête à tous les dangers, sur les fronts de l’économie et de la sécurité du pays. Comment rester de glace devant ce tableau d’une Nation économiquement au bord du précipice, qui tend les bras à l’ensemble de ses forces politiques, à ses patriotes, ses experts, sa jeunesse….sans ne trouver que de l’indifférence. Je me rassure en pensant qu’il s’agit plutôt à de l’« incompréhension », afin d’évacuer de mon esprit les thèses des compromissions et des manipulations rampantes en interne comme en externe. Historiquement, ces tentatives de déviations profitent sournoisement de la spontanéité, de la naïveté et des biens fondés d’origine de tous les mouvements révolutionnaires. Aujourd’hui, la fragilité de l’économie algérienne appelle l’ensemble des algériens à s’unir, à se concentrer autour de sa remise à flots. Il ne s’agit pas d’un scrutin pour dire oui ou non à la mobilisation générale de toutes les forces vives et sincères de la Nation. Si la conjoncture actuelle n’évolue pas rapidement, il sera impossible à répondre à la demande sociale, en prophétie propre des attentes d’un peuple qui a su réagir aux insultes, au mépris et à la défiance des anciens bandits déguisés en hauts responsables de l’Etat.
On regrettera de ne pas avoir saisi aujourd’hui, en cette nouvelle année de souhaits et de projections, l’occasion à bras-le-corps d’affronter les erreurs et errances du passé, résultats des traites de la Nation qui ont profité toute leur vie, dilapidé, vidé, détruit et outrageusement volé et détourné les trésoreries de l’Etat. Gabriel Garcia Marquez avait dit au sujet des mafias et des bandits de la politique, « oui, ils fuient en mer, ce sont de mauvais citoyens et responsables, qui doivent mourir ». Si notre législation ne permet pas de tels verdicts, la majorité des algériens auraient aimé appliquer ce type de sentences aux traites qui ont réussi à disparaitre dans les décors.
Bref, il importe de sortir de l’impasse économique où les prédécesseurs nous ont confinés. Le pays se heurte à des écueils majeurs. Les groupes réunis autour d’intérêts particuliers et qui disposaient hier encore d’une influence politique persistent. Ils sont à présent en voie de disparition. Une nouvelle ère s’ouvre avec les mesures déjà annoncées par le candidat Abdelmadjid Tebboune, confirmées et déjà inscrites dans les chantiers déjà ouverts par le Président Tebboune et son chef de la primature Abdelaziz Djerrad. La nécessité de diversifier notre économie pour diminuer sa dépendance aux hydrocarbures revêt un caractère d’urgence, aujourd’hui plus que jamais. Les nouvelles réalités financières ne permettent plus de maintenir les lourdes dépenses publiques. La paralysie politique a fait obstacle à toute solution décisive. La récente période d’instabilité n’autorisait aucune tentative de réforme. C’est pourquoi, le cabinet d’Abdelaziz Djerrad devrait agir en toute transparence et communiquer sur les problèmes réels de l’économie du pays. Dans cette voie, il est en train déjà de consulter un éventail très large d’acteurs économiques et d’experts patentés, en mettant l’accent sur les jeunes. Ce qui constituait une ferme promesse de Abdelmadjid Tebboune. En fait, l’Algérie ne pourra pas se contenter d’apporter de petits ajustements techniques à sa démarche économique. D’où un dialogue social entre l’Etat et les citoyens. Entre autre, les représentants du Hirak.
Sortir de la morosité, de la stagnation dont on ne connait plus lequel des deux phénomènes alimente l’autre, est le vœu phare de cette année 2020 ; Que tout le monde attend pour savourer le quotidien. Et vivre en totale sécurité. Winston Churchill n’a-t-il pas dis que « le succès c’est d’aller d’échec en échec, sans perdre l’enthousiasme » ?
Par Fayçal Haffaf