jeudi , 22 octobre 2020

Rue de La Bastille L’anarchie admise et tolérée

Le vieux projet de rénovation ou de réhabilitation du marché des Aurès (ex-la Bastille), a été une nouvelle fois inscrit à l’ordre du jour d’une énième réunion organisée la semaine dernière par l’autorité locale. Les Oranais, notent, souvent avec une pointe d’humour, que depuis Frik Bachir en 1996, l’actuel responsable M. Abdelkader Djellaoui, est le neuvième Wali en poste à se pencher sur ce dossier urbain devenu semble-t-il insoluble. Selon un fonctionnaire proche du dossier ayant assisté à la réunion, le Wali s’est montré plutôt ferme et décidé à engager cette opération en préconisant une approche de réalisation du projet par étapes successives. Sur un total de près de 600 mètres linéaires, un premier tronçon de la rue d’une centaine de mètres, sera mis en chantier pour être «réhabilité» avant d’être restitué à l’occupation des tables de marchands. Le wali a insisté sur le lancement de cette première phase des travaux dans les plus brefs délais.

Une première phase qui, précise-t-on, va concerner les façades de 54 magasins et les étals et emplacements de 44 marchands de fruits & légumes. Et on souligne par ailleurs, que les tronçons restants, soit près de 500 mètres, seront réhabilitées plus tard «en fonction de la disponibilité de l’enveloppe financière». Ce qui signifie déjà, que ce morcellement du projet risque de générer des retards d’achèvement conformes au terrain de gestion du tissu urbain oranais. Il faut aussi préciser, que cette opération de réhabilitation du marché des Aurès, vise surtout, et avant tout, à rénover les façades des immeubles, sales et décrépies, constituant un hideux «point noir» sur cette ruelle du centre-ville des plus connue et des plus fréquentée. Il s’agit également, de réparer les VRD, réseaux d’assainissement et évacuation des eaux afin d’éviter les images fréquentes de ces grandes flaques noirâtres et malodorantes inondant parfois des tronçons de cette ruelle dédiée au marché de fruits, légumes et autres produits alimentaires. Des travaux, certes, importants et indispensables, mais qui n’impliqueront pas forcément une meilleure organisation et fonctionnement de cet espace trop surchargé de marchands, de tables et de «présentoirs» de fortune accentuant la clochardisation.

Le Maire d’Oran, Noreddine Boukhatem, a souvent dénoncé l’état des lieux et réclamé la mise en place d’un véritable marché parisien, propre et agréable, permettant à la rue de La Bastille rénovée, de retrouver son lustre d’antan. Mais c’est sans compter sur l’incapacité des pouvoirs publics à pouvoir mener et assumer une décision de transfert et de sélection d’un nombre de marchands moins important pouvant être installés sans porter préjudice à l’image de la ville et au confort des citoyensclients… Car, aujourd’hui, l’acheteur ou le passant qui s’engage au marché de la Bastille, ne peut pas changer de «couloir de circulation» ou faire demi-tour sans aller jusqu’à la sortie, au bout de la rue, pour reprendre le couloir opposé. Aucun espace libre n’est laissé entre les tables et les cartons des marchands et vendeurs «illicites» squattant les lieux depuis plus de quarante ans. Jusqu’à quand ?
Par S.Benali