mardi , 13 avril 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Production du vaccin Spoutnik V en Algérie</span>:<br><span style='color:red;'>Saïdal et Frater Razes négocient avec les Russes</span>

Production du vaccin Spoutnik V en Algérie:
Saïdal et Frater Razes négocient avec les Russes

En plus de l’opérateur public, Saïdal, une entreprise pharmaceutique privée, le laboratoire Frater Razes, a annoncé récemment être en contact avancé avec un partenaire russe pour produire localement le vaccin.

Le Groupe pharmaceutique public Saïdal a effectivement engagé des négociations avec un opérateur russe à l’effet de produire le vaccin Spoutnik V dans l’une de ses unités. Révélé par le directeur général de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP), le Professeur Kamel Mansouri, cette information confirme les intentions algériennes de se placer dans le gotha mondial et passer de statut d’acheteur à celui de producteur. « Le but est de permettre la production locale de Spoutnik V pour le rendre disponible. Car il peut y avoir une problématique pour acquérir le vaccin au niveau mondial», a indiqué M. Mansouri, non sans préciser que les producteurs nationaux de vaccin bénéficieront d’un accompagnement à travers une commission placée sous la tutelle du ministère de l’Industrie pharmaceutique. Cette démarche suppose que Saïdal ne sera vraisemblablement pas le seul opérateur algérien à produire le vaccin. D’autres intervenants privés sont également dans la course. D’ailleurs, une entreprise pharmaceutique privée, le laboratoire Frater Razes, a annoncé récemment être en contact avancé avec un partenaire russe pour produire localement le vaccin. Pour donner du tonus à ce qui s’apparente à une dynamique positive, la commission du ministère de l’Industrie pharmaceutique travaillera avec les opérateurs nationaux «pour qu’ils puissent produire le vaccin rapidement». Le directeur général de l’ANPP a assuré, à ce propos que le pays «possède les capacités de produire des vaccins à travers des processus chimiques mais aussi via la biotechnologie».
Le placement algérien est, à ce titre, une excellente opportunité pour le pays, mais aussi un pari gagnant, puisque, a insisté le Professeur Kamel Mansouri, le vaccin russe Spoutnik V est «l’un des plus performants dans le monde en termes d’efficacité, enregistrant de faibles effets secondaires». Un vaccin qui connaît un taux d’efficacité de 91,6 %, assurent des études très sérieuses publiées dans de prestigieuses revues scientifiques.

Cela pour l’aspect production du vaccin Spoutnik V. Concernant son enregistrement, ainsi que d’autres vaccins, à l’image de l’Astra Zeneca, M. Mansouri a fait savoir que l’Agence qu’il dirige a pris des mesures spécifiques afin d’enregistrer les vaccins et permettre la signature rapide des contrats d’acquisition. Cela pour dire que l’Algérie n’a pas l’intention de ne miser que sur les négociations en cours. D’autres arrivages de vaccins sont prévus. Ceci explique l’enregistrement du vaccin Spoutnik V et Astra-Zenecca. De plus, l’Agence a entamé récemment les procédures d’enregistrement du vaccin chinois, a révélé le DG de l’ANPP.
Sur le sujet de la vaccination à proprement parler, le directeur général de l’Institut Pasteur, Fawzi Derrar a fait savoir que de nouvelles doses du vaccin Spoutnik V seront livrées à l’Algérie en février et mars. Les quantités promises arriveront bien en Algérie, puisque, dira-t-il, «l’Institut bénéficie d’assurances de ses partenaires étrangers quant à la disponibilité du vaccin». De plus, pour pouvoir vacciner 75% des citoyens ayant plus de 18 ans, il va falloir mobiliser 40 millions de doses de vaccin. C’est à cette condition que la chaîne de transmission du virus sera cassée à travers le pays. «Une période allant de six mois à plus d’un an est nécessaire pour achever la campagne de vaccination nationale», selon lui.
Concernant les moyens de protection, dont le besoin demeure de rigueur, en ces temps de pandémie, M. Mansouri a affirmé que la production nationale de masques chirurgicaux est largement suffisante pour couvrir la demande en ces produits. Cette disponibilité est le fait de l’implication d’une quinzaine de producteurs locaux. Concernant l’oxygène, quatre opérateurs locaux répondent assez bien à la demande exprimée par les hôpitaux du pays.
Yahia Bourit