mardi , 11 août 2020

«Société civile»: Le manque de rigueur, de clarté, et de… sincérité

En début de semaine, on apprenait qu’une «rencontre de consultation avec la société civile» a été organisée au centre de conventions d’Oran, en présence du conseiller du président de la république en charge du mouvement associatif et de la communauté nationale établie à l’étranger, Nazih Berramdane. Nouvellement nommé à ce poste, l’ancien député du MPA a mis en exergue dans son intervention, la démarche du Chef de l’Etat visant à renforcer le rôle de la société civile et sa nécessaire implication dans les processus de développement économique, culturel ou sportif. On ne peut en effet nier aujourd’hui qu’à travers le monde, toute stratégie de gestion, crédible et efficace, de l’avenir d’un pays et d’une société repose aussi en bonne partie sur l’implication des populations concernées et l’adhésion collective aux projets envisagés. Mais encore faut-il s’assurer de la fiabilité des mécanismes mis en œuvre pour dégager une représentativité populaire crédible et véritablement ancrée sur les besoins et les attentes de la société. La semaine dernière, le wali d’Oran, Abdelkader Djellaoui, avait de son côté, lancé un appel aux associations à caractère social et aux comités de quartiers des différentes communes de la wilaya, leur demandant de s’organiser et de se constituer en fédération afin de mieux se mobiliser pour répondre aux enjeux imposés par la conjoncture actuelle. Pourquoi pas, diront certains. Surtout s’il s’agit de sensibiliser les habitants des différentes communes et quartiers sur le respect des mesures édictées par les pouvoirs publics pour lutter contre la pandémie du coronavirus. Avec plus de 2 200 associations agréées à la wilaya d’Oran, on pourrait croire que la bataille pour la démocratie participative était gagnée. On sait, malheureusement, que cette composante pléthorique du mouvement associatif local ne garantit nullement un niveau de qualité et de crédibilité digne des objectifs et des ambitions affichées. On se souvient, il y a plus d’une dizaine d’années de la première opération d’assainissement du mouvement associatif qui avait permis de déceler l’existence de plus de 300 associations «fictives», qui n’existent qu’à travers un agrément permettant d’avoir accès aux différentes sources de subventions juteuses, distribuées par l’APW, l’APC, le Ministère concerné. Sans parler même parfois de coquettes sommes récoltées auprès d’opérateurs privés ou de riches bienfaiteurs gardant l’anonymat. On se souvient que des initiatives ont été plusieurs fois lancées par certains acteurs locaux du mouvement associatif pour créer une «fédération» ou une «coordination» représentant l’ensemble de la présumée société civile oranaise. Des initiatives, vouées à l’échec tant elles manquaient d’assises populaires et de représentativité. Sur ce terrain, comme sur tant d’autres, le progrès et la modernité passent par un véritable assainissement et un vrai changement des pratiques et des comportements…
Par S.Benali