mardi , 11 août 2020

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Solidarité et confiance

Les auto-entrepreneurs qui ont souffert des effets de la pandémie du Covid-19 percevront une aide financière d’une valeur de 30.000 DA pendant une période de 3 mois. L’objectif de l’opération décidée avant-hier en Conseil des ministres, est de leur permettre de faire face après une période assez longue sans revenus. Il va sans dire, et le Président a fortement insisté sur volet, qu’une «évaluation rigoureuse» sera effectuée de la situation de chaque corporation pendant les quatre derniers mois. En d’autres termes, l’Etat est conscient des risques de fraude, dont la conséquence immédiate sera de faire installer une injustice au sein de la société. Les Algériens qui s’attendent légitimement à une distribution équitable de cette aide, ne comprendront pas que l’argent aille dans la poche de personnes nanties et évite celles qui en ont véritablement besoin. Ils auront, bien entendu, raison de marquer leur désapprobation et leur colère à l’endroit de l’Etat qu’ils ne manqueront pas d’accuser de faiblesse face à une mafia bureaucratique et tentaculaire qui parvient à dévier les aides destinés aux citoyens dans le besoins pour enrichir des individus, déjà bien portant au plan matériel.
C’est dire que dans cette opération, l’Etat joue sa crédibilité, d’où l’insistance du président de la République de regarder de très près la situation de chaque corporation, voire de chaque artisan. Les Algériens qui applaudissent à la solidarité exprimée par le chef de l’Etat à leur endroit, savent également qu’il existe entre la présidence de la République et le simple citoyen une administration lourde et traversée parfois, par des courants, disons-le mot, mafieux qui se spécialisent dans le détournement de l’aide. Et si cela s’avère impossible, ils en réduisent l’effet sur la vie des citoyens, en retardant l’application. On se souvient du « coup de gueule » du chef de l’Etat lorsqu’il a appris que les allocations de 10 000 dinars ont mis un temps fou par parvenir à destination.
A travers ce dispositif inédit de soutien aux auto-entrepreneurs, l’Etat a l’occasion de reconstruire la confiance avec la société. Il faut dire que c’est à travers ces gestes simples que les Algériens évaluent leur gouvernement. En attendant, il y a lieu de noter la non-préparation de l’Aïd El Adha par Algérie-Poste. Les scènes de bousculades qui font le tour de la Toile Algérienne, appellent, elles aussi, une réaction immédiate de l’Etat.
Par Nabil.G