vendredi , 14 août 2020
<span style='text-decoration: underline;'>ExxonMobil, loi sur les hydrocarbures, projet à l’internationale</span>:<br><span style='color:red;'>Sonatrach sur tous les fronts</span>

ExxonMobil, loi sur les hydrocarbures, projet à l’internationale:
Sonatrach sur tous les fronts

Après plusieurs années de désintérêts manifestes à l’endroit de l’investissement en Algérie, les compagnies pétrolières majors, montrent une grande disponibilité à la prospection et à la production dans notre pays.

Après BP et Statoil qui ont clairement signifié au gouvernement leur volonté de partenariat sur les champs gaziers non conventionnel, c’est au tour du géant américain ExxonMobil, première compagnie pétrolière mondiale, d’envisager une implantation durable en Algérie. Il est question de développer des projets en commun avec Sonatrach. Cet annonce n’est pas le fait d’un média, spécialisé, mais émane de la bouche même du PDG du groupe pétro-gazier algérien, Abdelmoumen Ould Kaddour. En effet, cette révélation faite à nos confrères de l’APS, signe le grand retour de l’Algérie sur la scène pétrolière mondiale après une éclipse de plus de dix ans. On apprendra des propos de M.Ould Kaddour, que Exxon est «extrêmement intéressée» par l’investissement en Algérie. «Nous avons tenu une réunion très positive avec les dirigeants d’ExxonMobil qui sont extrêmement intéressés de venir en Algérie», a expliqué le Pdg de la Sonatrach.
La major américaine et Sonatrach se sont donné rendez-vous fin mars prochain pour approfondir les discussions sur cette implantation. Le groupe Anadarko, présent en Algérie depuis plusieurs années, a quant à lui, émis le souhait d’augmenter ses investissements dans le pays. Le premier producteur de brut en Algérie parmi les partenaires de la Sonatrach, est en quête de nouvelles opportunités, selon M. Ould Kaddour. «Le forum (algéro-américain sur l’énergie NDLR), a été très positif du fait d’avoir des compagnies, de cette taille et de cette qualité, intéressées» par l’Algérie, a rappelé le Pdg de la compagnie pétrolière nationale.
Ledit forum qui s’est tenu dans un contexte de volonté de réforme de la loi sur les hydrocarbures qui, dit-on, a plombé l’attractivité de l’Algérie, a permis de constater un regain d’intérêt pour le domaine minier algérien. Il reste que tant que la loi n’est pas amendée, on en est encore au stade de l’intention seulement, faut-il le rappeler. Pour l’heure, le constat à faire, tient à un sérieux handicap de l’Algérie de briser le toit de verre imposé par une loi qui semble faire l’unanimité contre elle, en haut lieu. Jugée peu attractive par le PDG, elle devra être révisée, aux fins de mettre en place un nouveau dispositif plus efficace, destiné à relancer l’investissement dans ce secteur stratégique. «Il faut qu’on soit dynamique, très attractif et prendre en considération les problèmes des partenaires», insiste M.Ould Kaddour qui n’omet pas de souligner que l’actuelle législation a entraîné, en une année, une dizaine de litiges avec des partenaires étrangers. On relèvera que la compagnie a su faire face, qui a contribué à renforcer la valorisation du groupe à l’international.
A ce propos, justement, l’ambition de M.Ould Kaddour consiste à relancer la Sonatrach sur les marchés internationaux. Un axe de développement stratégique pour la Sonatrach à l’horizon 2030, a rappelé le PDG. Sur le sujet, le premier responsable de la compagnie pétrolière nationale, va au détail et révèle qu’au Niger, le groupe s’apprête à inaugurer dans les prochaines semaines, son premier puits de production de pétrole. «Nous avons un puits très prometteur au Niger mais on ne peut avancer combien on va produire ou vendre», a indiqué le PDG, plaçant de fait, sa compagnie sur une trajectoire ambitieuse. En Irak, la Sonatrach a la possibilité d’investir plusieurs créneaux dont l’exploitation des gisements pétroliers dans ce pays à fort potentiel d’hydrocarbures.
Dans ce même pays, la Sonatrach a proposé de commercialiser des produits irakiens via sa filiale de trading à Londres, Sonatrach Petrolum Corporation. «Il y a des opportunités. Nous allons voir comment les développer», affirme M.Ould Kaddour qui donne la nette impression de vouloir sortir la compagnie de son cocon pour lui donner la stature qu’elle mérite.

Alger: Smaïl Daoudi