mercredi , 5 août 2020

Squat des vieilles bâtisses en ruine: Laxisme et impunité

Durant ces dernières années, pas moins de 20 000 familles qui vivaient dans quelques 800 bâtisses du vieux bâti dans la seule Commune d’Oran, ont bénéficié d’un nouveau logement. Selon une source crédible proche du dossier, sur un total de 800 vieux immeubles évacués et devant être démolis, à peine une centaine d’immeubles ont pu être rasés dans les délais, évitant ainsi un risque d’effondrement et une «réoccupation» par de nouvelles familles en quête de logement. Il est vrai que le dossier de démolition des vieux immeubles désaffectés constitue pour les pouvoirs publics, une épineuse question, tant les opérations présentent souvent de sérieuses contraintes techniques, juridiques, et sociales pas faciles à résoudre. Le mode de construction des vieux îlots dans les quartiers populaires les plus touchés par le vieux bâti, où chaque immeuble «repose» sur l’immeuble mitoyen, constitue un risque de fragilisation par «effet domino» de l’ossature de la rangée d’immeubles concernés. Par ailleurs, très souvent, la bâtisse désaffectée et vidée de ses habitants comprend souvent en rez-de-chaussée, des locaux occupés légalement par de modestes commerçants. Et dans certains cas, l’immeuble presque en ruine est la propriété d’un privé que l’on peut difficilement contraindre à démolir et restaurer son bien, surtout s’il n’en a guère les moyens. Mais, il faut admettre cependant que globalement, c’est toute la politique de gestion du vieux bâti, du recensement au recasement et à la démolition ou restauration, qui doit être remise en cause, revue et corrigée. Tant on ne peut nier que les failles, les carences, les insuffisances et parfois les dérives ne cessent de gangrener ce dossier dans une ambiance de laxisme et d’impunité difficile à supporter. Comment admettre que dans un Etat de Droit, des bâtisses à risque d’effondrement évacuées une première fois de leur habitants relogés, puissent être de nouveau occupées par des squatteurs, venus on ne sait d’où, qui rallongent les longues listes de demandeurs de logement… Comment comprendre que des pouvoirs publics demeurent incapables d’identifier les «maillons faibles» et de contrôler avec rigueur et efficacité l’occupation illicite des espaces et des biens publics en attente de réaménagement ?
S.Benali