lundi , 28 septembre 2020

«Takhti Rassi» : Un état d’esprit bien partagé !

Des clubs sportifs, des associations, des antennes de partis politiques, des syndicats de diverses tendances, des organisations para-politiques surfant sur les «légitimités» historiques, et bien d’autres sphères abusivement installées en composante de la société civile locale, ne fonctionnent en réalité qu’au rythme des agitations et des manœuvres orchestrées pour conserver les premiers rangs d’une participation citoyenne confisquée par un système pervers toujours en quête de reconduction. Un système qui a fini par marginaliser les véritables élites intellectuelles et sociales, anéantissant la notion même de représentativité, et vidant la collectivité locale de toutes forces de propositions au seul profit d’un vague décor de démocratie de proximité forgeant la médiocrité, l’immobilisme et la régression et parfois, même la prédation et la course aux petits privilèges accordés aux courtisans. Et face à l’incompétence criarde de bon nombre d’acteurs squattant l’arène depuis des années, l’autorité locale ne peut que rester souvent coincée dans un triste monologue appelant au progrès et au changement, ou faisant l’éloge de quelques actions inscrites au programme de développement. Rares, très rares sont les oranais qui peuvent encore organiser un véritable espace d’expression, libre, intelligent et crédible, permettant de dénoncer les inepties, la langue de bois et parfois les mensonges de certains décideurs locaux soignant leur image et leur carrière sur le dos des habitants. Aujourd’hui, beaucoup évoquent l’épopée de cet ancien Wali, devenu ministre de la Santé, qui vantait les mérites de son «plan de modernisation» d’Oran en affirmant que l’ancien président Bouteflika lui-même lui avait accordé carte blanche et bénédiction… Ce qui lui valait à l’époque de grandes ovations et des applaudissements de la part des acteurs installés aux bancs des courtisans. Rares sont ceux qui à l’époque avaient osé dénoncer cette présumée étude d’un «plan de modernisation», commandée auprès d’un bureau d’architecture implanté à Constantine, et qui aurait coûté une coquette somme d’argent. Encore un exemple, parmi tant d’autres, qui illustre les dérives du vieux système de gouvernance, permises aussi, il faut l’admettre, par l’absence, le silence, ou la soumission de bon nombre d’élites locales repliées sur elle-même et se disant «Takhti Rassi»…
Par S.Benali