vendredi , 27 novembre 2020

Tests de contamination au Covid-19 : Cafouillage ou déficit d’explication?

Une émission de la radio locale El Bahia, consacrée à l’état des lieux de l’épidémie du Covid-19 à Oran, a surtout permis aux auditeurs de cerner le dispositif sécuritaire mis en place afin d’assurer le respect et l’application des mesures prises par les pouvoirs publics pour lutter contre la propagation du virus. Cette louable initiative a ainsi permis au commissaire responsable de la communication à la sûreté de wilaya d’Oran, de présenter un bilan des interventions et des infractions relevées en matière de «violation du confinement et du protocole sanitaire». Des termes qui servent à désigner ce qui est devenu désormais un vrai délit d’atteinte à la sécurité sanitaire collective. On a ainsi appris que du 5 au 15 novembre dernier, les services de police ont enregistré 1.015 infractions liées au non-respect des horaires de confinement, 376 infractions pour non-respect de la distanciation physique et 3.162 pour le non port de la bavette. D’autres invités à l’émission, dont un cadre de la direction du Commerce et un représentant de la Fédération de la protection des consommateurs sont intervenus pour rappeler aux citoyens la nécessité de respecter les gestes barrières et «de faire preuve de responsabilité afin de lutter contre la propagation du coronavirus». Evoquant le contenu de cette émission après l’avoir suivie avec attention, des «mauvaises langues» se croisant au marché des HLM ne pouvaient s’empêcher de critiquer l’absence de professionnels de la santé, surtout de médecins installés en cabinet privé à travers les quartiers qui seraient les mieux placés pour décrire la situation sanitaire actuelle dans tous ses contours. Il est vrai que les praticiens privés, même à travers leur syndicat, n’ont été associés à aucune forme de coordination ou d’implication dans la communication et l’information concernant l’épidémie. Selon une médecin installée depuis plus de trente ans au quartier Hlm/Usto, il aurait été judicieux de faire appel à ce corps médical exerçant dans le privé pour analyser de manière fiable, non seulement l’évolution de l’épidémie, mais aussi les variables et les ajustements à opérer en termes de diagnostic et de protocole de traitement de différents malades contaminés.
En ce domaine, bien plus que les statistiques sur les infractions relevées, ce qui intéresse les citoyens auditeurs au plus haut point est de connaître et repérer les premiers symptômes du Covid-19, de savoir quoi faire et où aller, et de cerner la pertinence et l’utilité des différents moyens de dépistage proposés. Bon nombre de praticiens privés s’interrogent aujourd’hui sur le coût exorbitant des tests sérologiques, de 3 000 à 4000 Da, appliqués par certains laboratoires, alors que d’autres effectuent le test RT-PCR pour la somme de 15 000 Da. Et le coût du test par Scanner demandé par un médecin privé pour un malade oscille entre 5 000 et 8 000 Da, selon le radiologue ou la clinique privée, et sa «réputation» présumée. Un déficit d’harmonisation des règles et de régulation qui pénalise évidemment les malades au revenu modeste. Ainsi va le secteur de la Santé.
Par S.Benali