samedi , 11 juillet 2020

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Tourisme national : Des atouts mais pas de professionnels

En d’autres circonstances bien moins problématiques, ce serait demain que le ministre du tourisme donnerait le coup d’envoi à la saison estivale. Au lieu de cela, les autorités tentent de dissuader les Algériens de se rendre sur le littoral. Il faut dire que le Covid-19 est pour quelque chose dans ce virage à 180 ° de ce que devrait être l’attitude des pouvoirs publics en cette période de l’année, précisément. D’autant plus que des dizaines de milliers d’Algériens tirent leur subsistance de l’activité estivale.
En d’autres temps, les professionnels du tourisme reprendraient leurs activités sans oublier de justifier la grande flambée que connaîtraient les prix malgré l’énorme concurrence que leur font leurs collègues tunisiens. Mais on est très loin des «bonnes affaires» et les complexes touristiques qui ont servi un temps, de centre de quarantaine, risquent la saison blanche. Mais ne nous désespérons pas et prions que la courbe épidémique fléchisse sérieusement les 15 prochains jours pour donner aux hôteliers l’occasion de « rêver » un peu.
Cela dit, si en Algérie, on n’en est même pas encore au stade du rêve, nos voisins tunisiens se préparent à recevoir leurs premiers clients. Et comme on devine assez vite la nationalité de ces derniers, on se pose la question de ce que feront les autorités centrales, lorsque la Tunisie demandera la réouverture des frontières entre les deux pays. Il est clair, en effet, que les Algériens ne se feront pas prier pour traverser encore une fois ladite frontière à la recherche de séjours touristiques bon marché. Pendant ce temps, les professionnels de ce côté de la même frontière, en sont à craindre un été pourri.
Sachant tout cela, il est permis de dire que la saison estivale 2020 ne sera pas si catastrophique… pour l’industrie touristique tunisienne. C’est le risque qui pèse sur nombre de sites touristiques nationaux, si l’Etat en arrivait à l’obligation de renouveler le confinement partiel après le 13 juin prochain. C’est dire que si la partie n’est pas véritablement jouée, il n’est pas dit que pour autant, tout est sauvé ou que tout est perdu. Néanmoins, l’on aura constaté que la Tunisie a une longueur d’avance sur l’Algérie, pour la simple raison qu’elle est déjà dans une phase pré-opérationnelle. La décision est prise, le reste n’est qu’une question de temps. L’idéal serait que l’administration touristique nationale fasse preuve d’imagination et qu’elle se mette à réfléchir pour récupérer une partie des millions de clients qui s’en allaient se « faire plaisir » en Tunisie et en Turquie. L’imagination, c’est malheureusement ce qui manque à un secteur qui dispose d’atouts formidables, mais manquent de véritables professionnels.
Par Nabil.G