mardi , 11 août 2020

Tri sélectif des déchets ménagers: L’échec consommé

Après plus d’une dizaine d’années de discours prometteurs et de tâtonnements, des observateurs avertis et même des responsables impliqués, s’accordent à reconnaître l’échec de la politique de revalorisation des déchets lancée dans des villes pilotes dont Oran. La démarche qui, en amont, reposait sur le tri des déchets au niveau de quelques cités, quartiers et établissements à Oran, a été durablement pénalisée par des contraintes et des carences diverses, propres à un terrain administratif et social encore loin de pouvoir intégrer des normes et des pratiques exigeant une responsabilité citoyenne collectivement assumée et un respect sans failles des valeurs du vivre ensemble en collectivité. Selon la directrice de l’entreprise publique de gestion des centres d’enfouissement technique (EPIC-CET), citée par la presse locale, les mesures lancées pour une gestion rationnelle et une valorisation économique des déchets se sont heurtés en premier lieu au «problème de vol et de détérioration des bacs de tri». «Malgré un investissement en amont de ce segment assez important, les résultats ne sont pas au rendez-vous» explique la responsable, qui ajoute « des acteurs pouvant jouer des rôles essentiels n’ont pas été suffisamment associés». On se souvient en effet que dans le beau quartier de Akid Lotfi, premier ciblé par l’opération pilote de tri des déchets, les bacs de tri des déchets étaient régulièrement volés ou détériorés par un vandalisme naissant dans cette nouvelle zone urbaine, mais déjà bien envahissant. En moins de six mois, tous les bacs avaient disparu, sans que les gestionnaires locaux de l’époque ne puissent expliquer comment ni surtout pourquoi aucune mesure stricte et sévère n’a été prise contre les voleurs et les receleurs faciles à identifier. Une forme de laxisme hallucinant qui s’ajoutait au manque d’organisation et de rigueur dans la gestion globale de la collecte des déchets. Il est intéressant de noter que seules les cités militaires ont connu des expériences concluantes en matière de tri des déchets. Selon la directrice du CET qui dresse ce constat, la réussite de l’action de tri dans cet environnement militaire s’explique par la présence de régisseurs et de gardiens d’immeubles qui chapeautent les opérations de collecte. Ce qui est loin d’être le cas partout ailleurs à travers les quartiers et les cités où le citoyen est loin de s’impliquer dans cette action dont la réussite repose sur l’implication, l’engagement et la mobilisation des résidents pour que le tri sélectif devienne une pratique citoyenne reconnue et partagée. Et il est toujours permis de rêver.
Par S.Benali