mardi , 4 août 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Les Algériens l’ont célébré avec beaucoup de sobriété</span>:<br><span style='color:red;'>Un Aïd El Adha sous la menace du Covid-19</span>

Les Algériens l’ont célébré avec beaucoup de sobriété:
Un Aïd El Adha sous la menace du Covid-19

Une manière «différenciée» de célébrer la plus importante fête de l’Islam qui vient conclure la saison du Hadj, a été observée aux quatre coins du pays. En effet, dans toutes les wilayas et selon les quartiers organisés ou pas, l’on a pu observer telle ou telle autre tendance dans l’observance de l’Aïd El Adha.

Tout à fait exceptionnel, l’Aïd El Adha de cette année s’est déroulé dans une ambiance assez spéciale, à deux vitesses pourrait-on dire. Il eut des citoyens qui s’étaient strictement tenus aux consignes de prudence édictées par les autorités sanitaires du pays. Ils ont décidé de surseoir au sacrifice du mouton, éviter les visites familiales, en se contentant des messages téléphoniques et via les réseaux sociaux. Il eut également ceux qui ne pouvaient pas imaginer la célébration d’un pareil événement, sans égorger un mouton.
Dans cette catégorie de citoyens, certains ont fait de leur mieux pour respecter les mesures barrières, alors que d’autres n’ont tenu compte d’aucune consigne ministérielle. Il reste que l’interdiction des prières collectives étant encore en vigueur, tout le monde s’était vu logé à la même enseigne sur la question de Salat El Aïd.
Cette manière «différenciée» de célébrer la plus importante fête de l’Islam qui vient conclure la saison du Hadj, a été observée aux quatre coins du pays. En effet, dans toutes les wilayas et selon les quartiers organisés ou pas, l’on a pu observer telle ou telle autre tendance dans l’observance de l’Aïd El Adha. Mais dans ce « bric à brac », on retiendra une très grande tolérance entre les divers points de vue, à l’exemple de Sid Ali qui a décidé de faire aumône du prix du mouton.
«Je ne peux pas concevoir que l’on tienne tellement à sacrifier le mouton, si ce sacrifice nuit à la vie de mon entourage. J’ai donc préféré donner de l’argent à des pauvres de mes connaissances», insiste-il. Cette attitude ne pousse aucunement Sid Ali à en vouloir à ceux qui ont opté pour le sacrifice. «Beaucoup de mes voisins ont sacrifié un mouton. Je ne me permettrai jamais de leur faire la leçon. Ils pensent avoir agi dans le bon sens. Même si je considère que sur ce point, ils se sont trompés, ils restent mes voisins et mon attitude vis à vis d’eux ne changera pas», affirme notre interlocuteur, qui dit n’avoir pas eu de remarques désobligeantes de la part de ses voisins. Cette tolérance que l’on perçoit également de la part de ceux qui ont égorgé le mouton, est une posture dominante au sein de la société. «C’est une Sunna et personnellement, il ne m’est jamais venu à l’idée de ne pas l’observer. Pour cette année, j’ai mis en place un protocole familial strict. J’ai pris toutes les précautions et je pense que c’est très possible. Mais si d’autres fidèles ont évité le rite du sacrifice pour des raisons sanitaire, ils ont leur raison et peut être qu’ils sont plus prévenants que moi. Mais je considère avoir fait le maximum et le reste est entre les mains de Dieu», affirme Hocine, non sans insister sur le protocole qu’il a mis en place.
Ces deux témoignages illustrent l’ambiance fraternelle dans laquelle se sont déroulés les deux jours de l’Aïd El Adha. Il reste que malgré ce point extrêmement positif qui est à l’actif de la société, le risque d’une reprise sérieuse de la contamination a quand même pesé et l’on a bien senti cela dans pas mal de discussions. Dire que les Algériens sont tous conscients et qu’il faille s’attendre à une baisse de la propagation du virus, serait aller vite en besogne, mais il y a tout de même des signes probants d’une prise de conscience qui s’intensifie de jour en jour. L’Aïd El Adha n’est pas le dernier rendez-vous à risque, puisque l’on s’attend à d’autres « examens » à l’image du baccalauréat et la prochaine rentrée scolaire.
Anissa Mesdouf