mardi , 20 octobre 2020

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Un destin collectif

La campagne référendaire sur le projet d’amendement de la Constitution boucle ce mercredi sa première semaine. Après un début timide, la campagne connaît ces derniers temps un frémissement remarqué, avec la multiplication des rassemblements populaires initiés aussi bien par les partis politiques que différentes organisations et associations.
Une campagne d’explication où les orateurs mettent l’accent sur les nouveautés apportées dans ce nouveau projet et la place prépondérante qui y est consacré aux libertés individuelles ainsi que le souci de l’édification d’un Etat démocratique qui rompt de manière franche et définitive avec le pouvoir personnel. Plaçant l’alternance au pouvoir et le renforcement des assemblées élues au centre du mode gouvernance. La nouvelle constitution se veut une réponse claire aux grandes revendications soulevées par le Hirak durant de longs mois.
Le retour au peuple pour décider de la suite à donner à ce projet constitutionnel est en soi une grande avancée dans la participation des Algériens qui ont été cantonnés dans les deux changements de la constitution de 2008 et 2016 à la place de simples spectateurs qui n’avaient aucune emprise sur les grands bouleversements qui influaient sur leur vie.
Aujourd’hui, les choses ont changé et c’est au peuple de prolonger le changement auquel il a aspiré depuis le 22 février 2019. Ce sera aux Algériens de cautionner et de concrétiser ces changements qui feront basculer le pays dans une tout autre étape, et qui surtout marqueront une rupture définitive par rapport à la gestion cahoteuse de la chose publique à laquelle nous avons assistée ces dernières années.
Un amendement, pour reprendre les arguments de plusieurs acteurs sur le terrain, qui renforcera les droits civils et politiques des citoyens, et permettra une réelle promotion de la société civile par sa participation dans la prise de décision à haut niveau. C’est aussi là, comme l’a souligné le Sg de l’Ugta, Salim Labatcha, le meilleur moyen de « sécuriser et protéger les acquis du Hirak ».
Les deux semaines à venir, verront certainement la campagne entrer dans une phase encore plus intense, où le citoyen est appelé à s’impliquer davantage et à être aux premiers rangs pour défendre ce pour quoi il s’était mobilisé de longues semaines durant afin de changer le cours d’une histoire que l’on voulait écrire sans lui, avant qu’il ne remette les choses à l’endroit un certain 22 février.
Par Abdelmadjid Blidi