lundi , 12 avril 2021

Un dossier en instance depuis plus de quarante ans…

Depuis des mois, presque tous les mardis de chaque semaine, des dizaines de demandeurs de logements de la formule dite «à points» se rassemblent inlassablement devant le siège de la daïra d’Oran pour dénoncer les retards enregistrés dans l’attribution des logements sociaux. La semaine dernière, les représentants de ces familles en colère ont dénoncé le fait que «le Chef de Daïra n’a pas daigné les recevoir alors qu’ils disposaient d’une lettre du wali demandant au premier responsable de la Daïra d’examiner leurs doléances ».
Pour toutes ces familles en attente d’un toit décent, parfois depuis deux ou trois décennies, il s’agit visiblement de maintenir la pression sur les pouvoirs publics afin d’accélérer l’élaboration de la liste des bénéficiaires et de fixer une date d’attribution de ces logements. Il se trouve que ce manque d’information, et ce déficit de communication, accentuent le marasme, la colère et l’inquiétude des demandeurs de logements qui voudraient au moins connaître la situation et l’état d’avancement de leurs demandes de logement.
Il y a quelques mois déjà, ces familles ont été informées que leur relogement aura lieu en novembre de l’an dernier, puis reporté leur a-t-on dit à janvier 2021. En vain. Habitués à ces annonces sans lendemain, les familles en attente prennent leur mal en patience. Mais ils ne manquent pas de dénoncer les discours et les promesses lancées par les responsables locaux, sans respect des engagements et des échéances avancées. «On sent parfois une forme de mépris, un manque de considération qui touche notre honneur et notre dignité…»
lance un représentant des familles en colère. On sait que plus de 80.000 demandes de logements sociaux ont été recensées dans le cadre de cette formule dite «à point». Une commission de wilaya avait été installée pour évaluer et étudier les dossiers afin de dégager les urgences et les besoins. Un travail qui, en principe, aurait dû être entamé et achevé depuis des lustres si toutefois l’administration concernée fonctionnait normalement, dans une transparence, une compétence et une totale crédibilité.
Malheureusement, on sait à quel point le système de gestion des attentes sociales était perverti par la prébende, la corruption, les passe-droits, et la démagogie à tous les étages. Vivement un véritable changement et une meilleure prise en charge des dossiers en instance depuis plus de quarante ans…
Par S.Benali