samedi , 24 juillet 2021

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Un idéal commun

Les Algériens ont fêté, hier, le deuxième anniversaire du mouvement populaire. Ils l’ont fait dignement, à la hauteur de la dimension historique d’un acte citoyen qui a ému la planète et marqué d’une pierre blanche le parcours d’une nation, née dans la douleur du combat anti-colonial, grandie dans des questionnements démocratiques qui ont dérivé en une guerre sanglante qui a failli emporter l’Etat et aujourd’hui pleine d’assurance et prônant le combat pacifique comme seule et unique alternative à l’accomplissement du rêve des Martyrs, de tous les martyrs.
Ceux des résistances héroïques au 19e siècle contre l’armée conquérante et sauvage, ceux de la guerre d’indépendance contre la même armée, soutenue par les forces de l’Otan, ceux de la décennie des années 90 qui ont défendu au péril de leur vie l’idéal républicain et démocratique de leurs prédécesseurs, ceux du printemps noir, pour qu’éclore la dimension amazigh de l’identité du pays.
Le sang de tous ces martyrs qui ont accompagné l’émergence de la nation Algérie coule dans les Algériens d’aujourd’hui. La transmission révolutionnaire n’a rien perdu de sa substance.
Les Algériens qui sont sortis, hier, et ceux qui ont décidé de ne pas prendre part aux marches sont tous des descendants d’hommes et de femmes qui ont cru en la destinée algérienne. Comme les générations précédentes, ils ont choisi leurs armes. C’est le pacifisme. Ils ne sont pas d’accord avec les thèses développées par l’Etat, ils le disent haut et fort, dans la dignité, la fierté et le courage propres aux Algériens.
Cet Etat qui a réussi parfois et échoué par ailleurs, a lui aussi compris tout le sens du combat citoyen de ces deux dernières années. Il sait parfaitement que le vœu des millions de citoyens n’est pas de détruire leur pays, bien au contraire. Ils veulent en faire l’un des plus grands au monde. Ils le disent aux dirigeants et sentent au plus profond d’eux-mêmes que ce n’est qu’une question de temps. Ils ne cherchent pas la reddition de l’Etat, mais son confortement.
C’est cela qui fait la beauté et l’originalité du Hirak algérien. Et c’est cet attachement viscéral au pays, à son histoire et au rêve fou d’en faire une puissance respectée qui émerveille les autres nations de la planète.
Même si nous autres Algériens sommes dures avec nous-mêmes et nos dirigeants, nous dégageons une image unique auprès des autres sociétés de par le monde. Ceux qui comprennent notre spécificité, nous applaudissent.
Par Nabil.G