dimanche , 27 septembre 2020

Un laxisme envahissant devenu contagieux

Il y a quelques jours, le tramway d’Oran venant de la place du 1er Novembre n’observait plus l’arrêt de la station du Boulevard Emir Abdelkader. Selon le responsable de la communication de la SETRAM interrogé par un confrère de la presse oranaise, le tram ne s’arrête pas à cet endroit en raison «d’un fort risque d’effondrement d’un balcon signalé dans un immeuble menaçant ruine situé sur cette grande artère du centre-ville». Face à une telle menace, on pourrait se demander pourquoi tous les services concernés n’ont pas pris également de larges mesures de prévention, en interdisant notamment le passage des piétons, nombreux sur cette artère, pouvant recevoir le balcon en ruine sur la tête. «Et qui garantit, plaisante un Oranais, que le balcon ne s’effondre pas sur le tramway juste à son passage…». Il semble bien que les explications du porte parole de la Sétram sur le non respect de cet arrêt au Bd Emir Abdelkader posent encore plus d’interrogations que de réponses aux soucis des usagers, bien inquiets par la menace d’effondrement du vieux bâti signalé par les riverains. On sait, depuis longtemps, que ce dossier du vieux bâti qui a fait couler beaucoup d’encre n’a jamais été, lui aussi, pris en charge sérieusement et efficacement, à la hauteur de son ampleur et de l’urgence maintes fois signalées. Malgré plusieurs drames et tragédies ayant endeuillé des familles, malgré les discours et les promesses des décideurs successifs, malgré les engagements les plus sincères de quelques rares responsables locaux héritant du dossier, malgré les crédits engagés ou annoncés, rien de bien significatif n’a été enregistré en ce domaine après plus de cinquante années d’effets d’annonces et de tâtonnements récurrents. A l’image de ce vieux projet de restructuration et de préservation du quartier historique de Sidi El Houari qui n’a abouti qu’à la rénovation de moins d’une dizaine de vieux immeubles et au relogement des familles évacuées des vieilles bâtisses à risque, présumés, d’effondrement. Une simple balade aux alentours de l’ancienne église St-louis et dans les ruelles de la vieille ville, permet de se rendre compte de l’ampleur des déficits et des écarts entre les discours et la réalité du terrain. Un terrain, lui aussi pris en otage par l’opportunisme et l’incompétence de bon nombre d’acteurs installés, on ne sait comment, au chevet de la réhabilitation du vieux patrimoine urbain. Dans plusieurs zones de la Cité, le vieux cadre bâti ne cesse de se dégrader, victime de l’absence de maintenance élémentaire et d’un laxisme envahissant devenu presque contagieux.
Par S.Benali