dimanche , 14 août 2022

Un pays au bord de l’implosion

La Libye s’enlise dans la crise. Le pays, plus divisé que jamais avec deux gouvernements qui se disputent le pouvoir, n’arrive plus à s’en sortir. Pourtant, il y a quelques mois, l’espoir était grand de se doter enfin d’un gouvernement sorti des urnes grâce à des élections qui devaient avoir lieu en fin d’année passée, mais qui ont été avortées à cause d’une multitude de complications qui ont coupé net cet espoir.
Le temps aidant, les choses se sont dégradées encore plus avec l’apparition d’un deuxième gouvernement dirigé par Fathi Bachagha à l’Est qui a remis en cause la légitimité du gouvernement de Abdelhamid Dbeibah, reconnu par la communauté internationale. Une situation qui n’annonce rien de bon et qui risque sérieusement de se muer en conflit armé de grande envergure. Une probabilité que mettent en avant plusieurs analystes, surtout que la Libye, comme d’autres régions dans le monde, est devenue une zones d’influence et d’affrontement politique et diplomatique entre Washington et Moscou.
Sur un autre plan, l’Onu qui paraissait avoir repris la main sur ce dossier et entrepris les démarches pour l’organisation des élections, semble perdre le fil depuis leur annulation, et se trouve dans l’incapacité de désigner un représentant dans ce pays. En effet, les Nations unies qui ont annoncé que l’Américaine Stephanie Williams, conseillère spéciale du secrétaire général de l’ONU pour la Libye, a clos sa mission, avoue que le Conseil de sécurité de l’ONU n’est pas dans la possibilité d’envoyer dans l’immédiat un nouvel envoyé spécial en Libye. Un aveu d’échec et un vide qui ne feront que compliquer les choses dans un pays qui flirte dangereusement avec le chaos total et qui est au bord de l’implosion.
Une situation qui n’est pas sans inquiéter les pays voisins, dont l’Algérie qui refuse les multiples ingérences étrangères dans ce pays et milite pour une une solution interlibyenne loin de toute ingérence, comme l’a rappelé encore une fois le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors de sa rencontre avec la presse, déclarant « nous sommes pour la légitimité et en faveur des résolutions du Conseil de sécurité. Nous soutenons l’initiative d’unification des rangs des frères libyens ainsi que la solution interlibyenne loin de toute ingérence».
Par Abdelmadjid Blidi