jeudi , 29 octobre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Aïn Defla</span>:<br><span style='color:red;'>Un plan d’action pour le stockage de 220 000 qx de pommes de terre</span>
© D.R

Aïn Defla:
Un plan d’action pour le stockage de 220 000 qx de pommes de terre

Un plan d’action visant le stockage de quelque 220.000 quintaux de pommes de terre d’arrière-saison au titre de la  campagne 2019-2020 a été mis en place à Aïn Defla dans le but de fluidifier  et de réguler la production de ce tubercule, a-t-on appris mardi auprès  d’un responsable de la Direction locale de la production agricole (DSA).

«Sur les 1,8 million de qx inhérents à la production de pomme de terre  d’arrière-saison attendus, quelque 220.000 qx seront stockés dans le cadre  du système de régulation des produits agricoles de large consommation  (CYRPALAC), a précisé le chargé des statistiques à la même direction, Amar  Saâdi, affirmant que cette mesure contribuera à absorber et à canaliser la  surproduction à l’origine de la baisse des prix de ce tubercule à  l’arrachage. «Des entreprises étatiques vont acheter auprès des producteurs la pomme de  terre à raison de 25 dinars le kilogramme avant de la mettre sous froid, la  quantité ainsi stockée commençant à être déstockée début avril en vue de  faire face aux exigences induites par la période dite de + soudure +» ,  a-t-il précisé.
Dans ce cadre, un registre vient d’être ouvert au niveau de la DSA de Aïn  Defla en vue d’enregistrer les demandes des agriculteurs, a-t-il fait  savoir, signalant que l’opération de stockage du tubercule sera menée en  concert avec 14 opérateurs de la wilaya versés dans la production de la  pomme de terre, disposant de surcroît de «grandes» capacités de stockage. Pour une plus grande efficience de l’opération de stockage du produit, il  a été mis sur pied une commission comptant en son sein des cadres de  l’Office national interprofessionnel des légumes et viandes (ONILEV) et de  la DSA, a-t-il encore précisé, faisant remarquer que le déstockage du  produit est justement tributaire du feu vert donné par cette commission. Pour M. Saâdi, il est «indéniable» que l’avantage de cette opération a,  notamment,trait au fait que le stockage sous froid soit assuré  gratuitement, mettant l’accent sur la rigueur qui doit la caractériser afin  qu’elle soit couronnée de succès.
Pour des mécanismes de régulation plus efficientes
Relevant que l’arrachage de la pomme de terre de saison s’est fait  tardivement et de manière « simultanée» au niveau des régions grandes  productrices de ce tubercule, le président de la Chambre d’Agriculture de  Aïn Defla, Hadj Djaâlali, a estimé que cet état de fait a mené de manière  «inévitable»  au phénomène de surproduction. «L’arrachage de la pomme de terre de saison s’est fait presque de manière  simultanée à Bouira, Mostaganem, Oued Souf et bien sûr Aïn Defla, d’où la  surproduction enregistrée surtout dans une conjoncture marquée par une  baisse des acquisitions de la part des détaillants», a-t-il analysé. Saluant les dernières mesures prises par les pouvoirs publics visant  justement à canaliser la surproduction et, par ricochet, atténuer des  pertes des producteurs induites par la chute vertigineuse du prix de ce  tubercule sur le marché, M. Djaâlali a mis l’accent sur l’importance du  facteur «temps» pour permettre aux choses de «retrouver leurs cours  normales.» «Il est clair que le facteur temps est capital pour ressentir les  bienfaits d’une quelconque stratégie visant à réguler le marché», a-t-il  estimé, mettant, toutefois, l’accent sur la nécessité pour toutes les  parties impliquées dans ce processus d’être «sur la même longueur d’onde.» Selon lui, le dispositif du CYRPALAC, mis en place il y a 12 ans, doit  être amélioré afin de prendre en ligne de compte toutes les nouveautés  apparues dans ce segment d’activité agricole.
«Le CYRPALAC a été instauré en 2008 lorsque la pomme de terre se faisait  rares sur les étals ou, au mieux, s’acquerrait en contrepartie d’une  importante somme d’argent mais, aujourd’hui que la production a atteint des  cimes, n’est-il pas plus judicieux de réfléchir à une réforme de ce  dispositif afin qu’il tienne compte de la nouvelle configuration?», s’est-il interrogé. Réfutant que des quantités du tubercule aient été jetées à Aïn Defla, le  président du Conseil interprofessionnel des producteurs de la pomme de  terre, la filière à l’échelle de la wilaya, Mustapha Bennaïni a, pour sa  part, estimé que le problème affectant à l’heure actuelle ce segment de la  production agricole a été exacerbé par l’absence de vente ainsi que par la  baisse des prix.
«Par le passé, on venait de partout à Aïn Defla en vue de s’approvisionner  en pomme de terre mais maintenant, ce tubercule est cultivé à grandes  échelle dans nombre de régions du pays», a-t-il fait remarquer, soutenant  que la question de la surproduction ne peut être envisagée sans le recours  à l’exportation et à la transformation de ce produit.