mardi , 29 septembre 2020

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Un style et des convictions

Peut-on déjà parler d’un style Tebboune ? Manifestement oui. Le nouveau président de la République imprime sa marche, sa démarche et son calendrier dans un style apaisé et surtout fondamentalement basé sur la concertation. La délicate situation que traverse le pays nécessite obligatoirement cette manière de faire et le chef de l’Etat semble y accorder la plus haute importance.
Pour ceux qui en doutaient encore, la rencontre avec les responsables de médias ce mercredi, a définitivement confirmé la rupture avec le mode de gouvernance suivi pendant ces vingt dernières années. Il ne saurait être question, a martelé le président, de continuer à marginaliser les compétences nationales, politiques, économiques ou autres, comme ce fut le cas jusque là. Plus encore, et c’est là une nouveauté de taille, le chef de l’Etat tout en affirmant ses convictions et ses choix sur certains dossiers comme l’exploitation des ressources de schiste, il n’en demeure pas moins qu’il maintient que sur ce sujet, le débat doit être ouvert et que tous les avis des spécialistes et autres seront pris en compte, même s’il a tout le poids de la décision. Il faut impérativement aller vers le consensus dans tous les grands dossiers qui engagent l’avenir de la Nation.
Cette volonté d’impliquer toutes les forces vives du pays est en soi une première dans la gouvernance des affaires du pays. Plus encore, on aura remarqué le choix délibéré du président dans cette même rencontre à opter pour un discours simple et à la portée du simple citoyen, ce qui dénote du souci du chef de l’Etat de mettre le citoyen au centre des grandes décisions de la nouvelle République qui se met en place. Cette Algérie d’en bas, pour paraphraser un ancien Premier ministre étranger, est au centre de toutes les stratégies mises en place par le nouvel homme fort du pays.
Le citoyen ne peut plus être marginalisé et ses préoccupations reléguées au second plan. Et cela, on l’aura aussi vérifié lors de cette même interview, où le président qui était calme tout au long de la rencontre, a clairsemant manifesté sa colère et même de l’émotion quant il a sévèrement menacé les commerçants qui trichent sur le prix des produits soutenus par l’Etat, mais aussi et surtout quand il a parlé de ces élèves des régions reculées où le transport est absent et où les cantines servent aux enfants des repas froids. Inadmissible et criminel pour le président de la République qui a menacé de sévir de la manière la plus sévère qui soit.
Beaucoup de choses incitent à l’espoir. Peut être que tout ne se fera pas d’un coup, mais ces premiers pas et ces premières mesures sont des plus encourageants pour voir cette nouvelle République se mettre en place exactement comme voulue, souhaitée et défendue par les Algériens depuis maintenant bientôt une année.

Par Abdelmadjid Blidi