lundi , 18 octobre 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Premier jour de la grève de l’intersyndicale</span>:<br><span style='color:red;'>Un suivi globalement mitigé</span>

Premier jour de la grève de l’intersyndicale:
Un suivi globalement mitigé

La faiblesse de la mobilisation des travailleurs du secteur montre qu’ils ont compris l’objectif des syndicats qui n’est pas celui de régler des problèmes, mais juste une démonstration de force devant l’administration.

La grève de deux jours à l’appel de cinq syndicats de l’Education nationale, a connu pour sa première journée, un suivi globalement mitigé à travers le territoire national. Alors que dans certaines wilayas, à l’image de Bejaïa et Tizi-Ouzou, les enseignants ont presque majoritairement débrayé dans d’autres par contre, le suivi était timide comme à Alger, Oran et d’autres wilayas des Hauts Plateaux. Dans les établissements déjà touchés par la grève du Cnapeste, le message est passé on ne peut plus rapidement. Beaucoup d’enseignants ont suivi le mot d’ordre de l’intersyndicale pour exprimer une forme de solidarité à l’égard de leurs collègues dont plus de 500 ont déjà été radiés de la fonction publique. Dans le reste des écoles, collèges et lycées, l’appel n’a quasiment pas eu d’impact. Le personnel affecté aux établissements de l’Education nationale, a vaqué normalement à ses occupations.
Il convient de rappeler que ces deux journées de protestation répondent à ce que l’intersyndicale, composée du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (SNAPEST), de l’Union nationale des personnels de l’Education et de la formation (UNPEF), du Syndicat autonome des travailleurs de l’Education et de la formation (SATEF) du Conseil des lycées d’Alger (CLA) et du Syndicat national des travailleurs de l’Education (SNTE), qualifie d’impasse dans ses discussions avec la tutelle. L’appel à la grève a été, confirmé, rappelons-le à l’issue d’une rencontre qui l’a réuni avec la ministre de l’Education nationale en fin d’après-midi d’avant-hier.
Le mouvement de protestation porte des revendications telles que «la révision des dysfonctionnements contenus dans le Statut des travailleurs de l’Education, l’application du décret présidentiel 14-266 concernant les diplômes d’études universitaires appliquées (DEUA) et de Licence et la révision de l’arrêté ministériel relatif aux examens professionnels et la révision de la note éliminatoire dans la matière non essentielle». Il est question aussi de «l’amélioration de la situation sociale des corps communs et des professionnels, l’abrogation de l’article 87 bis du code de travail et l’institution d’une prime incitative». La révision du régime indemnitaire et de la grille indiciaire des traitements des fonctionnaires en adéquation avec l’indice de vie, figure aussi sur les tablettes de l’intersyndicale, en sus de «l’unification de la prime d’excellence dans les régions concernées (Sud et Haut Plateaux) et l’actualisation de la prime de zone sur la base du nouveau salaire de base». Des revendications qui concernent donc l’ensemble des fonctionnaires de la République et que des élèves payent de leur précieux temps.
La faiblesse de la mobilisation des travailleurs du secteur, montre qu’ils ont compris l’objectif des syndicats qui n’est pas celui de régler des problèmes, mais juste une démonstration de force devant l’administration. Et pour s’adjuger une représentativité qu’elle n’a pas forcément, l’intersyndicale revendique un taux de suivi de sa grève de l’ordre de 70%. Impossible de confirmer ce chiffre, de même que le constat sur le terrain, montre que l’on n’est très loin de ce niveau de mobilisation.
En attendant l’appréciation du ministère de l’Education nationale qui n’était toujours pas communiquée au moment où nous mettions sous presse, l’on peut avancer sans trop de risque de se tromper que l’action des syndicats n’a pas vraiment convaincu les travailleurs. Il se trouve, cependant, que dans le lot, des classes n’ont pas eu cours hier et risquent de connaître le même scénario aujourd’hui. Un autre retard à combler à moins de 100 jours des examens du BEM et à un peu plus que cela pour le baccalauréat.
En fait, l’irresponsabilité des syndicats est criarde dans ce recours inconsidéré au débrayage pour un oui ou pour un non.

Alger: Smaï Daoudi