vendredi , 25 septembre 2020

Un système toujours en quête de reconduction…

L’A.P.C d’Oran, la plus grande commune du Pays, a tenu, jeudi dernier, une session consacrée à l’adoption d’une série de décisions sur différentes questions liées aux affaires en cours. Prés d’une quinzaine de délibérations ont été ainsi validées, concernant notamment l’approbation du compte administratif 2018, le budget supplémentaire (BS) 2019 du bureau des aides sociales , la conclusion de marchés pour la fourniture de denrées alimentaires destinées aux cantines scolaires, l’approbation d’un contrat avec l’entreprise publique ETO pour la maintenance du parc roulant de la DHA, ainsi qu’un autre marché avec la Sonelgaz pour l’approvisionnement en électricité et gaz de nouveaux équipements communaux, dont des écoles et des mosquées. Cette session, consacrée à la gestion et au suivi des affaires municipales, aurait pu se dérouler normalement, dans le calme et la sérénité d’une Assemblée représentative censée incarner la démocratie de proximité. Mais c’était encore une fois sans compter sur les distensions, les zizanies et les agitations en coulisses de certains acteurs locaux qui ne fonctionnent encore qu’au registre de la convoitise et des «règlements de compte» pour la conquête des principales commandes de l’appareil municipal. La session de travail de l’APC a failli être interrompue sans l’ingénieuse intervention du Président qui a suggéré de consacrer une séance spéciale réservée à ces questions inscrites en «divers» à l’ordre du jour de la session. Ainsi, en attendant ce Lundi prochain retenu par les élus pour afficher leur colère ou leur frustration, bon nombre de questions ont été abordées et réglées par l’adoption de différentes délibérations. Mais selon des observateurs avertis, là où un débat devrait être engagé pour améliorer l’état des lieux et les conditions de gestion administrative et financière de l’APC, aucun élu, ou presque, n’a daigné soulever les contraintes, les contradictions et les paradoxes qui pénalisent encore et toujours le fonctionnement de la collectivité locale. A l’image notamment, de ces nombreuses décisions prises depuis des décennies par les représentants successifs de l’Etat au niveau de la wilaya et qui ont supprimé la quasi-totalité des sources de financement direct de la municipalité oranaise. Des infrastructures sportives confiées à un organisme de wilaya, en passant par le transport urbain, les gares routières, le marché de vente de véhicules d’occasion, les halles centrales, et bien d’autres créneaux relevant des attributions communales, rien aujourd’hui ne permet de construire un avenir financier serein pour la Mairie d’Oran. Sans parler de ces dérives et inepties de gestion interne, cumulées elles aussi depuis des décennies, à l’image de cette surcharge en personnel, due aux recrutements anarchiques et abusifs organisés à chaque mandat municipal. Aujourd’hui, au niveau d’un secteur urbain ou d’un quartier, il est facile d’identifier et de montrer du doigt un «agent de la mairie», qui perçoit en effet un salaire de la municipalité, mais qui exerce ailleurs, sur l’un des créneaux illicites forgés par un système qui ne cesse de s’auto-reconduire.

Par S.Benali