mercredi , 22 septembre 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Yennayer consacré fête nationale par le président de la République </span>:<br><span style='color:red;'>Une décision historique</span>
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Yennayer consacré fête nationale par le président de la République :
Une décision historique

La décision du chef de l’Etat de faire d’intégrer 12 janvier dans le calendrier des journées fériées, passe pour un acte historique majeur qui réconcilie définitivement la République avec ces racines profondes. 

La décision du président de la République de consacrer Yennayer fête nationale officielle, a reçu un accueil très positif dans les milieux militants, intellectuels et populaires. Il faut dire que cette consécration du nouvel an amazigh était dans l’air depuis plusieurs années. Les acquis historiques de cette dimension de l’identité nationale, devaient de toute façon aboutir à une reconnaissance pleine et entière, à travers un processus graduel. On se souviendra à ce propos, de la large médiatisation dont bénéficiait Yennayer ces dernières années, histoire d’ancrer les célébrations dans leur dimension nationale. On aura appris, en effet, que l’ensemble des régions du pays, marquaient cette journée précisément.
Le socle étant national, il n’y avait pas d’opposition à une reconnaissance institutionnelle du nouvel an amazigh. C’est donc une victoire certaine de Tamazight, mais aussi de toute la société et la République qui retrouve ainsi, la plénitude de son identité moins de 60 ans après l’indépendance du pays, arrachée après une lutte héroïque contre une colonisation de peuplement. Le cheminement des luttes populaires a abouti, pourrait-on dire, à l’affirmation de l’Algérie algérienne, avec sa triple appartenance, ce qui accorde au peuple algérien un statut à part, son propre statut. Cela, sur le principe.
Pour ce qui concerne les réactions, il y a lieu de retenir celle du Secrétaire général du Haut Commissariat à l’Amazighité (HCA). Pour Si El-Hachemi Assad, à travers cette décision, le chef de l’Etat «réaffirme, encore une fois, qu’il est toujours au rendez-vous avec l’Histoire, porteur d’une vision d’avenir au service de la stabilité du pays et de l’unité nationale». Il a souligné que «pour la première fois depuis le recouvrement de l’indépendance nationale, Yennayer sera célébrée de manière officielle en Algérie». A côté de cette réaction, du reste attendu, celle du président du Haut conseil de la langue arabe, Salah Belaïd, est à saluer. Il a estimé que la constitutionnalisation de la langue amazighe «donne à la citoyenneté linguistique toute sa dimension et affirme la complémentarité entre la langue amazigh et la langue arabe».
Dans la classe politique, la consécration de Yennayer comme journée officielle chômée et payée, a été qualifiée de décision «courageuse» par nombre de formations politiques dont le FLN. Said Lakhdari, député du FLN, n’a pas manqué de saluer la décision présidentielle, la présentant comme étant un acte destiné à «renforcer davantage l’unité du peuple algérien» a-t-il souligné. Pour le député indépendant représentant la wilaya de Tizi-Ouzou, Nourdine Ait Hamouda, «enfin Yennayer prend la place qui lui sied» a-t-il écrit sur son compte facebook. Il a salué «cet autre acquis historique du combat identitaire» qui doit être parachevé par «la mise en place de l’Académie de la langue amazighe qui assurera sa promotion». La grande majorité des partis politiques, à l’exception des islamistes, ont salué la décision présidentielle, y voyant un acte historique.
Au plan institutionnel, le ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui, a relevé que «cette décision» tend également à «conforter l’unité nationale», soulignant que la langue amazighe «existe dans toutes les régions du pays».
De son côté, la ministre de l’Education nationale Nouria Benghabrit, a indiqué que cette consécration est «une mesure importante qui vient en parachèvement» de toutes les mesures prises dans le cadre de la reconnaissance de tamazight comme langue nationale et officielle. Elle a rappelé que durant l’année scolaire 2016/2017, plus de 27.000 établissements éducatifs, répartis à travers tout le territoire national, ont célébré le nouvel an amazigh, ajoutant que Tamazight est enseignée actuellement dans 38 wilayas contre 11 wilayas en 2014. En tout état de cause, la décision du chef de l’Etat de faire d’intégrer 12 janvier dans le calendrier des journées fériées, passe pour un acte historique majeur qui réconcilie définitivement la République avec ces racines profondes.
Alger: Smaïl Daoudi