dimanche , 29 novembre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine</span>:<br><span style='color:red;'>Une difficile élection du Maroc </span>
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Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine:
Une difficile élection du Maroc 

Le qualificatif de «mal élu» désormais collé au Maroc, est d’autant plus mérité que c’est bien la première fois que cela arrive dans l’histoire de l’UA. Jamais une nation africaine n’a subi un tel affront de la part de ses paires. Ce score fragilise grandement la position du Maroc au sein de l’instance dirigeante de l’Union africaine et décrédibilise même son discours au sein de l’organisation.
Après avoir été admis à l’Assemblée générale de l’Union africaine, le Maroc gravit les échelons de l’organisation panafricaine et décroche un siège au Conseil de paix et de sécurité de l’UA. C’est ce que dirait une personne non avertie. A regarder de plus prêt, la candidature du Maroc à ce poste est entourée de quelques «spécificités» qui la rendent quelque peu «amère». Il y a d’abord le fait que cette candidature, l’a été par défaut en quelque sorte, puisque le Maroc était l’unique candidat de la région Afrique du nord. En l’absence d’adversaire, le représentant marocain donc quasi-garanti de passer le cap, n’a pas réalisé le score qui devrait être celui d’une nation respectée au sein de l’UA. Et pour cause, sa candidature a frôlé la disqualification du fait de l’abstention d’un grand nombre de pays lors de la séance du vote. C’est ce que révèlent des observateurs présents lors du vote. Ceux sont les membres du Conseil exécutif de l’UA, dont les travaux se poursuivent à huis clos à Addis-Abeba, qui ont apporté ce témoignage. On retiendra que le Maroc n’a recueilli que 39 voix sur les 51 votants. Il faut savoir que s’il avait obtenu moins de 36 voix, il aurait été directement disqualifié. Passer à trois voix prêts, lorsqu’on n’a pas d’adversaire en face, en diplomatie, cela s’appelle une petite élection. Le qualificatif de «mal élu» désormais collé au Maroc est d’autant plus mérité que c’est bien la première fois que cela arrive dans l’histoire de l’UA. Jamais une nation africaine n’a subi un tel affront de la part de ses paires. Ce score fragilise grandement la position du Maroc au sein de l’instance dirigeante de l’Union africaine et décrédibilise même son discours au sein de l’organisation. C’est en ces termes que les observateurs de la scène africaine interprètent cette maigre victoire qui, en réalité, a les allures d’une défaite diplomatique. Il est en effet d’usage que tout pays prétendant à un poste au sein d’une des instances de l’UA,s’assure prioritairement d’un consensus de l’ensemble des membres de l’organisation. En diplomatie cela s’appelle la crédibilité. Mais il semble que le Maroc ne connaisse pas cette précaution, lui dont c’est la première participation à une organisation transnationale depuis près de 40 ans.
Dans les faits, le Maroc s’est retrouvé candidat unique pour ce mandat de deux ans. Cette entrée dans l’instance dirigeante de l’UA, intervient après le retrait de l’Algérie qui a décidé de se porter candidate pour un mandat de trois années en 2019, aux côtés des grands pays comme l’Afrique du Sud et l’Ethiopie. Ce retrait ne signifie pas du tout la perte du poste de Commissaire du Conseil de paix et de sécurité (CPS). Le mandat du talentueux diplomate algérien Smail Chergui, court jusqu’en 2021. Les médias marocains qui tentent de faire passer la mauvaise élection de leur candidat pour une victoire diplomatique ont voulu fourvoyer leur opinion en affirmant que Smaïl Chergui quitte le CPS.
Le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, avait déjà expliqué aux médias, que «l’Algérie dont le mandat arrive à échéance à la fin de ce mois (janvier), ne sera pas candidate pour le nouveau mandat 2018-2019, mais se présentera pour un mandat de 3 ans en 2019 et ce, dans le cadre de l’application du principe de rotation entre les pays membres de l’organisation».
Alger: Smaïl Daoudi