samedi , 17 avril 2021

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Une fragilité confirmée

On écrivait, il y a quelques temps, sur ces mêmes colonnes que le monde se dirigeait vers sa perte de manière inéluctable. Un avis qui nous a valu bien des moqueries de ceux qui ne voyaient là qu’ « une manière de grossir les choses et d’en faire dans l’exagération caricaturale ». Pourtant, les derniers événements ne sont pas venus démentir ce qui sautait clairement aux yeux.
Pire encore, de nouvelles données sont venues confirmer que nous vivons, désormais, dans un monde de moins en moins sûr et de plus en plus fragile. En effet et sans crier gare, le président américain est venu relancer la course aux armements en décidant de se retirer du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI).
La Russie, de son coté, n’a pas attendu trop longtemps pour faire de même et profiter de l’occasion pour annoncer qu’elle est en train de perfectionner des armes nucléaires de moyenne portée. Ainsi, la porte est grande ouverte à une nouvelle course à l’armement, comme ce fut le cas aux pires moments de la guerre froide. Par ce changement brutal, on est en face de ce que tout le monde redoutait à travers les conflits qui se sont multipliés sur la planète et où les deux super puissances s’affrontaient à travers des armées de pays intermédiaires, comme c’est le cas au Moyen Orient.
Bien sûr, comme à son habitude Trump a ajouté sa fameuse phrase de substitution annonçant son souhait de « réunir tout le monde dans une grande et belle salle pour conclure un nouvel accord, qui serait bien meilleur». Une parade déjà entendue lors de ses décisions d’annulation de plusieurs accords, comme l’accord nucléaire sur l’Iran, le partenariat transpacifique, l’accord de Paris sur le climat ou avec l’Obamacare à l’intérieur. Dans tous ces cas, il n’y a eu aucun retour en arrière ni un nouvel accord. Donc pour ce cas aussi, il n’y a pas grand-chose à espérer.
Pas grand-chose à espérer sauf plus de tensions et de peurs pour un monde où désormais les intérêts des uns et des autres se régleront plus par la baïonnette que par le dialogue. Le conflit naissant au Venezuela nous renseigne déjà sur le déplacement de l’affrontement vers une autre région que le Moyen Orient. A ce rythme, il ne faudrait donc pas s’étonner de voir les conflits armés fleurir un peu partout dans le monde à cause d’une Amérique qui renie tous ses engagements et qui veut récupérer sa grandeur perdue, et une Russie de plus en plus nationaliste et forte et qui pèse lourd dans les relations internationales d’aujourd’hui au point de faire bien de l’ombre aux Américains qui n’acceptent plus ce qui s’apparente à un affront.

Par Abdelmadjid Blidi