mardi , 19 octobre 2021

Une insouciance coupable

Une insouciance coupable

Les cas de contamination au covid -19, tout comme les décès connaissent ces derniers jours leur plus bas niveau. Un niveau des plus rassurants notamment après une troisième vague meurtrière qui avait plongé le pays dans un grand désarroi et démontré, malgré toutes les bonnes volontés, les limites de notre système de santé. Le nombre de contaminations et de décès à cause du coronavirus avait atteint les cimes, alors que cet état de dépression générale s’accompagnait d’une grave crise de l’oxygène médical.
Il fallait du temps, beaucoup de temps et des directives fermes du président de la République pour redresser difficilement la barre et assurer de manière plus ou moins correcte l’approvisionnement des hôpitaux du pays de ce produit vital. Les mois de juillet et d’août étaient des plus éprouvants pour tous les Algériens qui se sont remis de manière disciplinée au respect rigoureux des gestes barrières, mais aussi au respect du confinement décrété par le gouvernement.
Au même moment la campagne de vaccination battait son plein et les Algériens se ruaient sur les centres de santé et les lieux de vaccination pour se prémunir contre ce virus mortel. Le nombre de vaccinés par jour a dépassé la barre des 250.000 et laissait entrevoir un grand espoir de pouvoir arriver à vacciner toute la population cible jusqu’à atteindre les 20 millions programmés par les autorités sanitaires. En parallèle, la production du vaccin anti-covid Sinovac de Saidal est entrée en production le 29 septembre, et ce au moment où l’importation du vaccin battait son plein. Toutes les conditions étaient donc réunies pour booster la campagne, mais voila que de plus en plus les citoyens se détournaient de la vaccination.
Plus l’accalmie s’installait et plus la vaccination reculait. Comme par amnésie, les Algériens ont oublié les durs moments de l’été et sont revenus à leur mauvaise habitude.
Non seulement, la vaccination a connu un ralentissement palpable, mais même le respect des gestes barrières a tendance à disparaître dans les rues, et même dans les endroits clos. Le port du masque a pratiquement disparu du paysage, et certains parlent même de la pandémie comme un phénomène faisant désormais partie du passé.
Une insouciance coupable à tous les niveaux, surtout quand on sait qu’une quatrième vague est toujours possible devant un virus qui mute tout le temps. Les spécialistes ne cessent pourtant de tirer la sonnette d’alarme et de rappeler que nous sommes bien loin d’être sortis d’affaire et que la menace est toujours là. Tout est fait pour ne pas revivre les affres de l’été dernier, mais les citoyens paraissent trop impatients de retrouver une vie normale, malgré le risque permanent.
Abdelmadjid Blidi