mardi , 4 août 2020

:
Une Nation qui se prend en main

L’Algérie a célébré, ces derniers jours, le 58 ème anniversaire de son indépendance dans une ambiance particulière. Il y a le Covid-19 qui a obligé les uns et les autres à limiter au maximum les manifestations, il y a aussi et surtout le rapatriement des restes de Chouhadas du 19e siècle, qui a donné à cet anniversaire un goût spécial. La cérémonie d’hommage officielle et populaire a confirmé l’attachement des Algériens à l’histoire de la résistance, à toutes les résistances, depuis le jour où un soldat français foulait le sol du pays, jusqu’à la victoire finale, le 5 juillet 1962.
Cette célébration est aussi l’occasion pour se rappeler qu’à l’origine de la guerre de libération nationale, il y avait une violence inouïe du système colonial français. Faut-il 58 années après, ressortir le sujet ? La réponse est bien entendu oui. Et pour cause, il est encore en France des voix qui continuent de trouver quelques «qualités» à la présence de leur pays en Algérie. Le pouvoir à Paris ne le dit pas à haute voix, mais il est indéniable que la communication politique de ce pays n’est pas très nette, notamment sur la question des crimes coloniaux. Même si le président Macron prend ses distances avec la «glorification» d’un passé pourri, il n’en reste pas moins que dans les travaux audiovisuels que l’on a produit tout au long des 58 dernières années, les documentaires français sur l’ère coloniale tentent systématiquement de trouver des circonstances atténuantes. Mieux même en commentant l’actualité du rapatriement des crânes de résistants algériens, lâchement assassinés par la soldatesque coloniale, les commentateurs trouvent à conclure en chargeant l’Algérie indépendante. En d’autres termes, ils veulent bien reconnaître la cruauté du système colonial, mais évoquent systématiquement l’alibi de la réaction à la violence révolutionnaire et terminent par une critique injuste de l’Algérie contemporaine. Ils oublient de dire qu’avant 1962, l’espérance de vie des Algériens était de 40 ans, l’analphabétisme concernait 90% de la population, à peine 10% des enfants étaient vaccinés et fréquentaient l’école. L’Algérie d’aujourd’hui, compte près de 2 millions d’étudiants et tous ses enfants vont à l’école.
Cela pour dire que la libération du pays était un objectif atteint, la violence révolutionnaire était un moyen légitime et les retombées de l’indépendance sont sans communes mesures avec ce qu’avait fait la France en Algérie.
Par Nabil.G