dimanche , 27 septembre 2020

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Une nouvelle ère

Le président de la République a signé avant-hier le décret portant convocation du corps électoral pour le référendum constitutionnel du 1er novembre prochain. C’est le coup de starter d’un processus politique censé aboutir au renouvellement des institutions de la République et, partant apporter une vision nouvelle de ce que devra être les rapports entre la société et l’Etat. Plus important encore, la nouvelle Constitution redéfinit les relations entre les trois pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire. De fait, la consultation populaire devrait confirmer le caractère irréversible des acquis démocratiques arrachés par le mouvement populaire du 22 février 2019.

Aussi, les observateurs attentifs à la scène nationale, voient-ils dans l’avènement de la nouvelle Constitution et le mode choisi pour sa promulgation, un indice très sérieux d’un bond historique de la société algérienne dans le sens d’une démocratisation véritable. C’est un pas parmi d’autres. La nouvelle Loi fondamentale n’est pas la finalité, mais le début d’un nouveau processus prometteur.

Il faut remonter dans le temps quelques décennies pour constater qu’en la matière l’Algérie vient d’assez loin, après une décennie sanglante où à l’époque déjà, le retour à la souveraineté populaire faisait l’unanimité. En cela, le processus qui a mené au mouvement populaire du 22 février 2019 a débuté en 1995, année du retour du processus électoral qui a vu l’élection de Liamine Zeroual à la présidence de la République. Depuis, l’Algérie n’a manqué aucun rendez-vous avec les urnes. Certaines élections étaient ouvertes à la supervision internationale, d’autres pas. Mais il y a lieu de retenir que toutes se sont déroulées dans de bonnes conditions. C’était autant de signaux. Et pour cause, l’on n’a pas vu de bagarres autour des centres de votes, ni de batailles rangés entre partisans de candidats avant ou après un meeting électoral.

Grâce à cette maturité que certains qualifiaient injustement de désintérêt à la chose politique en Algérie, il a été clairement établi que la société politique algérienne ne satisfait pas la majorité des citoyens. Et encore moins les jeunes générations qui, sans s’insurger contre l’élection en tant que mode moderne de désignation des responsables politiques locaux et nationaux, reprochaient à ces hommes politiques des insuffisances. Il vint le moment où ces jeunes ont pris la décision de stopper le processus pour en ouvrir un autre. Le référendum pour la révision électorale sera le deuxième acte de ce processus, le premier étant le formidable mouvement populaire qui a mis fin au 5e mandat de l’ancien président de la République.

Par Nabil.G