mercredi , 2 décembre 2020

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Une question de priorités

Il fut un temps où tous les travailleurs de tous les secteurs, ont bénéficié d’augmentation de salaires jugées par certains comme conséquentes. Ce fut le temps où le baril du pétrole dépassait allégrement les 120 dollars. Une période qui avait connu beaucoup de mouvements sociaux qui poussaient dans ce sens des augmentations, notamment dans le secteur de l’Education. Depuis ces jours heureux, une crise financière grave est passée par là et les cours du pétrole ont brutalement chuté.
En ces heures heureuses, ces revalorisations de salaire n’avaient, malheureusement, en face aucune augmentation de productivité. En Algérie, le taux d’absentéisme était toujours le même et les cafés étaient tout le temps bandés de monde, constitué non de chômeurs mais de fonctionnaires et de travailleurs. Pour résumer, ces augmentations n’avaient aucun lien avec une quelconque relance économique et surtout avec aucun effort de travail.
Aujourd’hui, les temps ont changé et les caisses de l’Etat ont dramatiquement atteint les fonds. Pourtant, en face, les mêmes investissent les rues, battent le pavé, enchaînent les grèves et veulent d’autres augmentations. A croire qu’ils vivent dans un autre pays. A croire qu’ils n’ont pas encore réalisé que la vraie richesse ce n’est plus le pétrole, mais la sueur de leur labeur.
Mais cette sueur on a fini, avec le temps, par l’oublier. Tout le monde savait qu’à la fin du mois il aura son salaire, qu’il ait travaillé ou non, car, ce salaire n’avait aucun lien avec sa productivité, ni les heures qu’il a passées à son poste de travail. Les temps ont changé, mais pas les mentalités.
Ceux qui demandent aujourd’hui, une impossible augmentation de salaire, feraient mieux de penser au meilleur moyen de garder les emplois qui existent déjà. Il faut se réveiller sur le monde d’aujourd’hui et sortir de sa léthargie des années d’avant 2013 et 2014. Jusqu’ici, le gouvernement tente de faire face à la crise. Il s’ingénue à corriger toutes les dérives du passé et à mettre fin à l’hémorragie de l’importation. Mais on ne peut se passer de cette importation que si, en face, on arrive à produire ici en Algérie, ces produits qui nous coûtaient aussi cher.
Les syndicats qui font le forcing pour des augmentations, feraient mieux de changer de fusil d’épaule et de penser dès aujourd’hui, à sauver les emplois qui existent déjà avec les salaires qui existent déjà. Car, rien ne dit que la crise est vraiment derrière nous et qu’elle ne va pas se compliquer encore plus.
Par Abdelmadjid Blidi