mercredi , 25 novembre 2020

Une régression urbaine qui dure depuis des décennies…

L’occupation illicite de la voie publique et la prolifération du commerce informel, reviennent encore une fois à «la Une» de l’actualité locale avec l’annonce d’une nouvelle campagne de recensement des «points noirs» à travers toutes les délégations communales d’Oran. Une campagne initiée par une commission de wilaya chargée de lutter contre l’occupation illicite des espaces publics. C’est en tout cas une information que l’on découvre sur le site officiel de la wilaya, et qui est reprise par toute la presse locale. La commission, précise-t-on, aura pour tâche d’assainir la situation des chaussées et des trottoirs squattés par les marchands illicites à travers les secteurs urbains, notamment à Sidi El-Bachir, El Emir, El Othmania, El Mokrani, ou encore Bouammama. Ce n’est évidement pas la première fois qu’une telle campagne est annoncée et organisée à travers les grands centres urbains, envahis depuis toujours par la prolifération de tables de vente ou de baraques hideuses présentant aux passants toutes sortes de denrées et de marchandises. Au quartier Hlm/Usto, non loin du marché couvert déserté et transformé en locaux commerciaux directement ouverts sur la rue, le décor urbain est depuis longtemps gangrené par ces tables hétéroclites de marchands installés, notamment, tout le long de la clôture en grillage du site de la Mosquée. Des produits laitiers jusqu’au pain, en passant par les fruits et légumes, la quincaillerie ou la vaisselle, c’est là un véritable bazar, un souk à ciel ouvert qui semble durablement implanté en toute impunité. Un peu à l’image d’un douar périphérique, cette zone des HLM, pourtant peu éloignée du siège de la sûreté de Daira, vit dans une ambiance de clochardisation avancée dénoncée par tous les résidents. Avec l’abandon, depuis plus de quatre ans d’un projet d’amélioration urbaine devant toucher les cités environnantes, la situation a empirée, transformant les rues, les allées et ce qui reste de trottoirs en vulgaires espaces poussiéreux en été et boueux en hiver, et où chacun doit faire bien attention à l’endroit où il pose ses pieds. Des trous béants, des tampons d’égouts remplacés par un pneu ou une planche de bois , des amas de déblais, des tas de détritus, des nuées de sacs plastiques qui voltigent au gré du vent, sans parler des chats et chiens errants menaçant les fidèles qui osent se rendre avant l’aube à la mosquée pour la prière du Fadjr… Malgré les nombreuses plaintes et demandes des résidents, y compris celles de l’Imam de la Mosquée, rien n’a été entrepris pour sortir ces cités, entre les HLM et le rond-point des cliniques, de leur triste régression urbaine qui dure depuis des décennies…
Par S.Benali