jeudi , 29 octobre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Djerad à propos du projet de révision constitutionnelle</span>:<br><span style='color:red;'>«Une rupture totale avec les pratiques du passé»</span>

Djerad à propos du projet de révision constitutionnelle:
«Une rupture totale avec les pratiques du passé»

La nouvelle mouture de la loi fondamentale du pays consacre l’une des revendications du mouvement populaire, à savoir la rupture avec les pratiques tant décriées du passé.

Le projet de révision constitutionnelle n’a pas omis ainsi de concrétiser ce que le Hirak n’a cessé de clamer des semaines durant lors des grandes marches populaires ayant comme point de départ le 22 février 2019.
Durant plus d’une année de contestation, les citoyens se sont soulevés contre les agissements antidémocratiques, réclamant la lutte sans relâche contre le phénomène de la corruption.
Faire rupture avec les anciennes pratiques de la vie publique et politique du pays constitue sans doute une grande avancée du projet de révision de la Constitution.
Ce point positif du nouveau texte est mis en exergue par le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, qui affirmait, hier, au Conseil de la nation qu’il s’agira d’une « rupture totale » avec les anciennes pratiques que ce texte projette de concrétiser.
Il a précisé que ce point est consacré par le projet de loi fondamentale aussi bien en ce qui concerne son élaboration que son contenu, ce qui constitue, argue-t-il, une réponse aux revendications des Algériens qui aspirent à la construction d’un « véritable » État démocratique à travers l’éradication des pratiques « autoritaires et despotiques » que l’Algérie a connues. Lors de sa présentation du projet de loi devant la Commission des affaires juridiques et administratives, des droits de l’Homme, de l’organisation locale, de l’aménagement du territoire et du découpage territorial, en présence du président du Conseil de la nation par intérim, Salah Goudjil, du ministre de la Justice, Garde des sceaux, Belkacem Zeghmati, du questeur parlementaire, des chefs et représentants des groupes parlementaires et des membres du Conseil n’appartenant pas aux groupes parlementaires, M. Djerad défend les avancées du nouveau texte que le citoyen ressentira dans la vie quotidienne. Il a dans ce cadre précisé que «le projet de loi portant révision constitutionnelle constitue une rupture totale avec les pratiques du passé tant en termes d’élaboration que de contenu», précisant qu’il mettra fin aux dérives du passé. Selon lui, «Ce projet de loi vient en réponse aux aspirations du peuple à édifier un véritable Etat démocratique qui mettra l’Algérie à l’abri des dérives autoritaires et despotiques qu’elle a connues», a-t-il insisté.
M. Djerad s’est attardé sur le Hirak et ses revendications, estimant que cette sortie de rue pacifique est une preuve de la conscience dont a fait preuve le peuple qui a réclamé d’éradiquer la corruption.
«La sortie du peuple dans la rue dans un élan «pacifique authentique» le 22 février 2019, en faisant preuve «de conscience et de responsabilité devant l’histoire et en préservation du serment des chouhada», a-t-il rappelé, affirmant que les institutions de l’État ont été impactées par la corruption et l’Algérie s’est retrouvée face à un danger qui a menacé son intégrité territoriale. Il a affirmé que la crise qu’a traversé le pays a impacté «fortement et profondément» les institutions de l’Etat, due «à la corruption érigée en système de gouvernance et a fragilisé la cohésion sociale», suite à quoi l’Etat s’est retrouvé face à un danger qui met en péril son intégrité territoriale et sa sécurité nationale».
Revenant aux avancées démocratiques apportées par le projet de révision constitutionnelle, le Premier ministre assure que cette constitution instaure «une véritable» séparation des pouvoirs, «renforce» les prérogatives du contrôle parlementaire et l’harmonie entre les pouvoirs, protège les droits et la liberté du citoyen et concrétise les engagements du Président de la République pour édifier «une nouvelle République».
M. Djerad a conclu en affirmant que ce projet vise également «une réforme globale» de l’Etat et de ses institutions au service du citoyen et un rétablissement de «la confiance entre le peuple et ses institutions».
Samir Hamiche