lundi , 12 avril 2021

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Vague d’optimisme

Les membres du gouvernement se déplacent beaucoup pour inspecter ou pour inaugurer des projets. Les citoyens, objet des intentions de l’exécutif, vaquent à leurs occupations, en espérant voir leur situation s’améliorer. Les citoyens des grands centres urbains attendent un mieux être dans leur quotidienneté. Un meilleur ramassage des ordures, plus de logements sociaux et promotionnels, la reprise des importations de véhicules neufs pour crever la bulle spéculative sur les voitures d’occasion… En d’autres termes des préoccupations qui ne finiront jamais. Ceux des zones d’ombres ont, par contre, d’autres soucis beaucoup plus vitaux et qui les placent parfois à plusieurs crans en dessous de la moyenne nationale. Ils attendent des équipements de première nécessité : le gaz de ville, l’électricité, une route bitumée, un éclairage public, une école primaire… Leur souhait n’est donc, ni la nouvelle voiture, ni le logement promotionnel, mais tout simplement ne plus faire leurs provisions de gaz butane, tout en priant Dieu de ne pas revivre le calvaire de l’année dernière. Il faut souligner que les territoires ignorés de la République sont une tare à combattre dans tous les pays du monde. Le chef de l’Etat en est conscient et «suit en personne ce dossier», précise son conseiller chargé des zones d’ombre. Il se trouve cependant que le chantier est immense au regard des statistiques établies par les autorités du pays. Il faut savoir, en effet, que le pays comprend 15044 zones d’ombres qu’on retrouve aux quatre coins du pays. Des périphéries des villes, jusqu’aux lieux les plus reculés des Hauts plateaux et du sud du pays. Dans le programme du chef de l’Etat, la réhabilitation des zones d’ombre pour en faire des lieux de vie et d’activité pérennes est la priorité absolue de l’exécutif et «tous les projets seront réalisés quelle que soit la conjoncture», a instruit le président de la République. L’insistance de Abdelmadjid Tebboune sur ce dossier précisément est certes mue, par un fond humaniste qui veut que les habitants de ces zones n’ont que l’Etat pour les soutenir, mais l’on peut aussi adjoindre un autre motif à cette volonté d’en finir vite et bien avec les expressions de grande pauvreté dans un pays fondé sur la justice sociale. Il s’agit de donner à des millions de citoyens la possibilité d’intervenir dans la société véritable et constituer autant d’acteurs positifs pour le pays. Le propos peut paraître théorique, mais lorsqu’on l’applique sur des millions d’individus, la machine se mettra d’elle-même en marche. C’est sans doute pour cela que le président Tebboune fait pression pour clore ce dossier le plus tôt possible et faire bénéficier le pays d’une «vague d’optimisme», dont la nation a grandement besoin.
Par Abdelmadjid Blidi