mardi , 9 mars 2021

Vers une réforme du secteur de la santé?

Il y a déjà six ans, en Mai 2014, des rencontres régionales ont été organisées par le ministre de la santé en poste à l’époque, afin de préparer la tenue des «assises nationales de la Santé» qui se sont déroulées en juin de la même année. L’objectif, disait-on à l’époque, était d’ouvrir un grand débat sur les questions d’organisation et de gestion de la santé. Tous les avis et recommandations adoptées devaient être pris en compte pour l’élaboration d’un avant-projet de loi régissant le secteur et devant définir et cerner la politique nationale sanitaire, à travers tous ses éléments, les ressources humaines, la formation, la recherche et le système national d’information sanitaire. Mais l’initiative, comme bien d’autres actions annoncées, n’était inscrite malheureusement que dans les effets d’annonces des anciens gouvernants. Un énième «coup d’épée dans l’eau» qui était prévisible, et d’ailleurs dénoncé en son temps par quelques professionnels et acteurs crédibles du secteur de la Santé. Comment, se demandaient bon nombre, l’ancien Ministre de la santé, Abdelmalek Boudiaf, en poste à l’époque, aurait pu réussir là où tous ses prédécesseurs même les plus compétents, avaient lamentablement échoué à redresser le secteur de la Santé en agonie chronique. Comment expliquer ces vieux choix de nominations de Ministres à la tête de la santé publique qui n’ont ni le profil, ni l’expérience, ni la compétence requise pour mettre en œuvre une réforme crédible et efficace ? Comment croire qu’un système de gouvernance obsolète et débridé pourrait réussir à imposer des normes et des valeurs devant être respectées par tous les acteurs impliqués. Autant d’interrogations évoquées par beaucoup, mais de manière discrète, pour éviter sans doute de se «mouiller» et d’être marginalisé. On sait que depuis plus de quarante ans, les débat organisés au chevet de la santé, sous forme de Rencontres, Colloques, Séminaires, Etats généraux, Assises et autres vocables de même nature, n’ont jamais pu servir à mettre en œuvre une stratégie rationnelle et efficace permettant d’éradiquer les maux et les fléaux qui gangrènent à ce jour, le secteur de la santé publique. Et aujourd’hui, quelques données importantes semblent changer. L’installation, dimanche dernier, du professeur Ismaïl Mesbah, éminent spécialiste en infectiologie, dans ses nouvelles fonctions de ministre délégué chargé de la Réforme hospitalière, est l’une des premières mesures pouvant ouvrir la voie à une démarche intelligente pour la prise en charge de ce dossier. Inchaallah.
Par S.Benali