samedi , 11 juillet 2020

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Virus, émeutes et une hirondelle

Donald Trump avait un boulevard ouvert vers un deuxième mandat à la Maison Blanche. L’homme avançait sûrement et sans beaucoup de doutes vers un haut la main lors des élections de novembre prochain. Il faut dire qu’en face, l’adversité est trop légère et presque inexistence.
Les Démocrates ont peiné à trouver leur candidat et les querelles de leur campagne ont encore fragilisé ce parti qui peine à se redresser. A la fin des courses, on a pu sortir avec le candidat Joe Biden, l’ancien vice-président de Barack Obama. Mais l’euphorie n’a pas duré longtemps, puisque la campagne de ce dernier n’arrivait pas à décoller, surtout que très vite il s’est retrouvé en face d’une ancienne affaire d’« agression sexuelle » qui a tout pollué autour de lui. Au même temps, Donald Trump bombait le torse grâce à une embellie économique jamais atteinte auparavant dans le pays de l’oncle Sam et un taux de chômage des plus bas. Trump pouvait laisser venir et voir l’avenir en rose (ou en blanc, couleur de la Maison Blanche). Tous les signaux étaient au vert, et malgré les gaffes sur la scène internationale, le président américain semblait intouchable, puisqu’il n’avait perdu aucun des soutiens de sa base et a même réussi à glaner de nouveaux adeptes.
Mais voilà qu’un fait inattendu vient tout remettre en cause. La pandémie du coronavirus a tout remis à plat, et l’atout majeur de Trump, à savoir l’économie, a connu un plongeon terrible, alors que le chômage atteignait les cimes. Ce, au moment où la gestion de la crise sanitaire a été catastrophique en tous points de vue, avec plus de 100.000 morts. Et déjà les choses commençaient à vaciller. Même les contre feux que le président américain utilisait à outrance pour détourner les regards sur ses sorties de route et ses gestions inadmissibles, comme les attaques contre la Chine ou les critiques envers l’OMS, n’ont pas marché cette fois. Le virus a fait ébranler l’image du président « indestructible ».
Pire encore, depuis une semaine les évènements de Minneapolis où un homme noir a été victime d’une autre bavure policière, ont mis le feu aux poudres et fait entrer la ville dans une spirale d’émeutes et de violences, qui se sont étendues dans d’autres villes du pays donnant l’impression que c’est toute l’Amérique qui brûle, au moment où à la Maison Blanche siège un président qui n’a jamais caché son penchant pour les idées suprématistes des blancs. Encore un dossier pas facile à gérer pour un homme qui perd du terrain chaque jour, sans qu’en face il ait une vraie opposition démocrate.
Alors dire que les élections sont jouées d’avance, c’est aller trop vite en besogne, surtout que Trump a ce don de se compliquer la vie tout seul. Et ce n’est sûrement pas le lancement réussi de la fusée spaceX qui fera le printemps de Trump. Encore une autre histoire d’hirondelle.
Par Abdelmadjid Blidi