dimanche , 25 octobre 2020

«Zéro pollution»: Un slogan utile au culte des illusions

L’implantation, en plein tissu urbain, de bon nombre d’activités polluantes et dangereuses pour la santé des habitants reste encore un dossier en éternelle instance, tant il est vrai qu’au fil des ans, Oran n’a pas cessé d’enregistrer ici et là l’ouverture d’ateliers, de dépôts, de stations de vidange et lavage, voire de petites unités de fabrication rejetant des huiles ou des produits toxiques rejetés par le réseau domestique d’évacuation des eaux usées ou pluviales. Dans des cités présumées ou dites «résidentielles», on peut souvent admirer les façades grisâtres de certains «magasins» abritant diverses activités plutôt nuisantes pour les riverains et le cadre urbain collectif. Des ferronniers étalant des barres de ferraille et des déchets sur le trottoir, des vulcanisateurs occupant eux aussi le trottoir et la chaussée, des menuiseries aluminium exposant portes et fenêtres devant la devanture, et parfois même des points de lavage-vidange auto ouverts au rez-de-chaussée d’une villa. Un décor devenu courant et banal pour les citoyens oranais qui, généralement, ne se soucient même plus de l’impact de ces activités sur la santé et l’environnement. Même les nuisances sonores et les désagréments semblent admis et tolérés, il faut le dire suite à une hallucinante absence des services de l’Etat censés contrôler, réguler et organiser l’activité commerciale à travers la Cité. Il y a quelques jours, un confrère de la presse locale avisé avait rappelé cet incendie d’un dépôt de pneus au bd Millénium, qui avait enveloppé tous les quartiers environnants d’un nuage de fumée noire et toxique. Pour venir à bout du sinistre, la Protection civile avait mobilisé près d’une centaine de sapeurs-pompiers et une quinzaine de véhicules anti-incendie. Puis «l’incident» a été classé au registre des affaires sans suite, sans que l’on s’interroge sur la responsabilité de ceux, au sein des circuits administratifs, qui ont autorisé l’ouverture de ce dépôt de produits hautement inflammables à l’intérieur du tissu urbain ? Selon des données crédibles, il y existe aujourd’hui plus de 2 000 stations de lavage-vidange-graissage implantées sur le tissu urbain oranais. Des stations qui pour la plupart, déversent les huiles de vidange et les produits chimiques et toxiques dans le réseau d’assainissement de la ville. Ce qui nuit gravement au fonctionnement de la grande station de traitement d’El Kerma qui n’est pas conçue et équipée pour traiter ce genre de déchets. Les gérants des stations services sont, il est vrai, souvent contrôlés par des inspecteurs qui vérifient que les huiles de vidange sont stockées en vue de leur récupération par les services de Naftal concernés. Mais compte tenu de l’état des lieux que l’on connaît en matière de discipline et de citoyenneté, l’objectif «zéro pollution» reste un slogan utile au culte des illusions.
Par S.Benali