vendredi , 27 novembre 2020

Zones d’ombre et bidonvilles : Une fatalité devenue légendaire…

On apprenait hier qu’un quota de 2.500 logements sociaux, réalisés au pôle d’extension urbaine d’Oued Tlélat a été affecté au relogement des occupants du bidonville «Es Sebkha» situé dans la commune de Sidi Chahmi. Certes, au grand bonheur et soulagement des familles qui vivent ici dans des conditions insupportables. On sait que ce bidonville avait fait l’objet d’un reportage télévisé qui a été présenté au Chef de l’Etat lors de sa première rencontre avec les walis. Et il est vrai que les familles occupant ce site sont confrontées aux nuisances et risques sanitaires engendrés par les rejets des eaux usées et la pollution avancée causée par les unités industrielles implantées sur cette zone. Le bidonville, en constante expansion depuis près d’une décennie, a fini par devenir l’une des plus importantes zones d’ombre» de la Wilaya d’Oran, la plus visitée par les autorités locales soucieuses de répondre vite et bien aux directives du Président de la République. Dans ce cadre, l’ancien wali en poste avait dégagé une première tranche de 2 500 logements sur le programme de 8.000 logements sociaux du pôle urbain d’Oued Tlélat et a mis en œuvre tous les moyens permettant la réception de ce quota de logements dans les plus brefs délais. Et de permettre ainsi le recasement des occupants de ce site d’Es-sebkha devant être éradiqué au plus vite. On peut éventuellement comprendre que des responsables locaux gèrent et organisent la priorité des actions en fonction des directives et des mises en garde de leur hiérarchie. Mais bon nombre d’observateurs avertis s’interrogent sur la pertinence et la crédibilité de certaines actions de relogement, inscrites dans la cadre de la politique d’éradication des bidonvilles, mais qui ne correspondent pas toujours aux conditions et aux critères retenus et annoncés par les pouvoirs publics il y plus d’une dizaine d’année. On se souvient en effet que les représentants de l’Etat avaient indiqué que seules les familles recensées dans un bidonville avant décembre 2007 seraient éligibles à une opération de relogement. On sait aujourd’hui à quel point cette annonce a été oubliée, dépassée par la prolifération d’un fléau bien difficile à juguler. Tandis que des familles oranaises dans le besoin, demandeurs d’un logement social depuis parfois plus de trente ans, se regroupent tous les mardi devant le siège de la Daïra pour ne pas être oubliées, les occupants de bidonvilles, construits, vendus et revendus en toute impunité, semblent persuadés qu’ils finiront bien, un jour ou l’autre, par être relogés… Et l’Histoire leur donne bien raison. Plus de 90% des logements sociaux ces deux dernières décennies ont été affectés au relogement des occupants du bidonville. Des bidonvilles qui souvent renaissent de leur débris à l’endroit même de leur présumée démolition. Un fléau qui semble s’inscrire lui aussi au registre de la fatalité oranaise devenue légendaire.
Par S.Benali